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Publié le mercredi 1er mai 2019 à 18h00min par Philippe Font

Marie Claire Uchan : « Le porc noir de Bigorre montre qu’il y a une alternative à l’agriculture traditionnelle »

article diffusé le 21 février 2019

Marie Claire Uchan, présidente du consortium du Porc Noir de Bigorre, a profité du dernier salon de l’agriculture pour valoriser sa filière. Entretien.

Le porc noir de Bigorre est encore présent au salon de l’agriculture. Quel bilan tirez-vous de l’année 2018 ?
C’est désormais un rituel, d’autant que nous nous retrouvons avec des professionnels d’autres filières, porcines ou non porcines, ayant les labels AOC ou AOP. Aujourd’hui la filière enregistre une soixantaine d’éleveurs pour 10.000 cochons, 120 emplois induits et un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros. L’exemple de la filière du porc noir de Bigorre montre qu’il existe une alternative à l’agriculture traditionnelle permettant aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail. L’élevage du porc noir de Bigorre permet également d’entretenir le paysage puisqu’il se trouve dans des zones non exploitées pour certaines depuis cinquante ans. Et c’est un produit bon pour la santé puisqu’il affiche que du bon gras !

Quelles sont les perspectives de développement pour cette filière ?
Nous menons un programme de recherche et de développement afin de comprendre d’où vient la finesse et le goûteux de sa viande. Nous venons de conclure un programme d’actions de quatre ans avec l’Inra et nous menons également des actions avec l’université de Caceres dans la région de l’Estrémadure. Ensuite nous menons des actions afin d’implanter plusieurs salles d’affinage en rénovant des vieilles granges sur le territoire de l’AOP (Appellation d’origine protégée). Cela permet également de valoriser le patrimoine local.

Peut-on imaginer un jour voir du porc noir de Bigorre ailleurs que dans la zone AOP ?
Non car le règlement l’interdit ! L’AOP est sur un territoire défini : quand le cochon mange de l’herbe qui pousse sur un sol de schiste, sa viande n’a pas le même goût que s’il se nourrissait dans un autre environnement. Ensuite il ne s’agit pas de dupliquer de façon systématique le modèle du « porc noir de Bigorre » à d’autres territoires. La nature c’est d’abord de la diversité, chaque territoire doit trouver ses propres solutions. Il y a vingt ans nous sommes partis de rien, personne ne connaissait le porc noir de Bigorre, il a fallu créer le marché et organiser la filière. C’est un travail de longue haleine.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Marie-Claire Uchan, présidente du consortium Porc noir de Bigorre