ToulÉco

Publié le jeudi 12 janvier 2017 à 21h00min par Johanna Decorse

Le trafic de l’aéroport Toulouse-Blagnac prend de l’altitude

Quatrième aéroport de région, Toulouse-Blagnac a dépassé en 2016 les 8 millions de passagers. Portée par la croissance des compagnies low-cost qui génèrent 32% du trafic, la plateforme table sur une progression de 9% en 2017 et va investir 106 millions d’euros d’ici 2020.

Une année record. En 2016, l’aéroport Toulouse-Blagnac a franchi pour la première fois le cap des 8 millions de passagers avec un trafic en hausse de 5,4%. Pour mémoire, ils étaient 5,3 millions en 2000. Une croissance très forte a été enregistrée sur le trafic international (+10,5%), surtout européen (+16%) contre seulement +2,6% pour le national. Air France demeure la première compagnie régulière avec 2,4 millions de passagers, talonnée par Easyjet. Avec 2,1 millions de personnes transportées, quatre avions basés et 27 destinations, elle s’impose au premier rang des compagnies à bas coût.

Elle est suivie par Volotea et Ryanair, arrivée en septembre dernier sur la plateforme. La part du low-cost continue donc de grimper dans la croissance de l’aéroport puisqu’avec 2,6 millions de passagers, il représente 32,2% du trafic total, (contre 27% en 2015) et devrait atteindre 40% cette année. Cette progression des compagnies à bas coût dope les ambitions de l’aéroport qui a réalisé 129 millions de chiffre d’affaires en 2016 et attend une croissance du trafic passager de 9% en 2017.

Une jetée de 2500 m²

Toujours engagé dans son plan stratégique baptisé Grand Ciel +, Toulouse-Blagnac va investir 106 millions d’euros sur les trois prochaines années après avoir conclu, à l’issue d’une consultation internationale, un accord avec un groupement réunissant le Français Natixis, le Belge AG Insurance et les partenaires locaux Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées-Banque populaire qui financent la moitié de la somme. Cette enveloppe sera consacrée à hauteur de 20 millions d’euros, à la reconfiguration du hall D qui accueillera dès mai 2018 la future zone de contrôle unique de l’aérogare. Par ailleurs, 10 millions d’euros seront dédiés à la construction d’une jetée de 2500 m², connectée au hall A et conçue pour desservir cinq portes d’embarquement en réponse au développement du trafic low cost.

Troisième projet, de 20 millions d’euros, la construction d’un hôtel quatre étoiles, connecté à l’aérogare au hall A et dont la concession a été confiée au groupe espagnol NH Hotel. L’établissement comptera 148 chambres, un centre d’affaires d’une capacité d’accueil de 300 personnes et sera mis en service en octobre 2018.

Sur le plan du développement durable, l’aéroport mettra en fin d’année en service la centrale photovoltaïque sur le parc autos P2, en partenariat avec la société Armogreen. La production devrait atteindre 1100MWh/an, soit quasiment la consommation électrique du parc autos. L’implantation de 40 ruches est également programmée au printemps. 2017 ne verra pas en revanche le décollage de vol charter vers la Chine. Mais la destination reste « un objectif pour 2018 », a assuré la direction d’Aéroport Toulouse-Blagnac, tout comme les liaisons vers Dubaï et New York.
Johanna Decorse

Sur la photo : Plus de 8 millions de passagers ont transité par l’aéroport Toulouse-Blagnac en 2016. Crédits : Z.L

La CGT demande plus d’égalité au sein d’ATB

Après l’adoption en octobre dernier de la distribution controversée de 15 millions d’euros de dividendes exceptionnels aux actionnaires d’ATB, c’est le projet de versement d’une rémunération variable aux cadres de la société d’exploitation de l’aéroport qui fait grincer des dents. La CGT a révélé en début de semaine qu’une « enveloppe allant jusqu’à 857.900 euros sera distribuée tous les ans pour la catégorie cadre sous forme de rémunération variable ». Cette prime sur objectif concernerait 130 salariés sur 300. En contrepartie, les non-cadres auraient obtenu 50 euros par an. « Une prime 500 fois inférieure à celle des directeurs qui eux, vont recevoir 25.150 euros. Si l’entreprise fait des bénéfices, cela veut dire que tout le monde a bien fait son travail or les différences se creusent. La répartition de ces bénéfices est scandaleuse », affirme la CGT dénonçant « la politique de l’élite » des dirigeants d’ATB qu’elle accuse, comme les nouveaux actionnaires chinois, « de piocher dans la caisse ».
Dans le même temps, le syndicat pointe « le gel » de certains budgets pour le matériel qui pénalise au quotidien le travail du personnel mais ne remet pas en cause ce projet de rémunération variable.
Interpellée sur le sujet, la direction d’ATB a indiqué que « les négociations sur le sujet n’étaient pas terminées » et n’a pas souhaité commenter les chiffres donnés par la CGT.