ToulÉco

Publié le mercredi 7 juin 2017 à 18h17min par Armelle Parion

Législatives 2017. En Haute-Garonne, le Parti socialiste a tout à perdre

Le PS réussira-t-il à conserver ses neuf sièges dans le département ? Une interrogation pour Catherine Lemorton, candidate à sa réélection dans la première circonscription, et aux instances fédérales du PS31. Dans un contexte défavorable, ils espèrent un sursaut du parti.

Le PS a réalisé 8,37% en Haute-Garonne aux présidentielles, à peine deux points de plus qu’au niveau national. Mais Catherine Lemorton a l’assurance de celles qui briguent un troisième mandat. Certes, elle n’a pas les trente-cinq ans de mandats cumulés d’un Gérard Bapt (deuxième circonscription), mais elle fait partie des figures locales du PS, tout comme Martine Martinel (quatrième circonscription).

Présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale depuis 2012, et connue pour son combat contre les lobbies, Catherine Lemorton s’était aussi exprimée contre la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. La députée de 55 ans a travaillé avec Emmanuel Macron, alors qu’il était ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls 2. « Il a tendance à vouloir tout contrôler, et va nous faire une République hyper centralisée. Pour ne pas devenir une République d’obligés, il faut des députés qui soient un vrai contrepoint, mais aussi des députés expérimentés, prêts à se mettre au travail dès juillet ».

Plus de démocratie participative

Opposée au cumul des mandats, Catherine Lemorton est convaincue que le PS a un avenir. Selon elle, Claire Dujardin, la candidate de la France Insoumise dans sa circonscription, n’est pas une adversaire. « Je reconnais que notre parti ne va pas très bien, mais nous aurons des sièges ». En 2007, elle avait battu Jean-Luc Moudenc (UMP), alors maire de Toulouse, avec 54,55% des suffrages. En 2012, c’est face à Sacha Briand (UMP) qu’elle l’emportait plus largement (64,75%).

Choquée par la « trahison » de Marisol Touraine, passée sous la houlette de La République en Marche après avoir été investie par les militants socialistes, elle reste droite dans ses bottes. « J’ai soutenu Hamon depuis son investiture. Je peux regarder mes militants dans les yeux. Nous avons de bons retours sur le terrain. Le PS est l’axe médian autour duquel la gauche doit se reconstruire, une gauche revendicative, mais pas opposée à l’Europe ».

Poser un nouveau socle

Pour renouveler la vie politique, Catherine Lemorton plaide pour une Sixième République sans président, et pour la diminution du nombre de députés, afin de renforcer leurs moyens à chacun, pour appliquer, évaluer et contrôler la loi, « mais aussi pour faire de la démocratie participative localement ». Confiante pour son poste, Catherine Lemorton redoute en revanche les résultats des septième et huitième circonscriptions, où Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de la présidentielle.

Face au scepticisme ambiant et après la débâcle des présidentielles, le premier secrétaire fédéral du PS en Haute-Garonne Sébastien Vincini, espère un sursaut de son parti et de l’électorat. « Je ne partage pas la projection nationale de Jean-Christophe Cambadélis, qui nous prédit quinze députés. Il ne prend pas en compte l’ancrage local et le bilan des députés sortants. Nous devons poser un nouveau socle après la déflagration des présidentielles, avec une gauche constructive, pour amender les projets de loi, concernant la réforme du Code du travail et la réforme territoriale par exemple. Je crois au sursaut des électeurs, pour défendre la justice sociale ». Verdict à la sortie des urnes dimanche à 20h.
Armelle Parion

Sur la photo : Catherine Lemorton brigue un troisième mandat sur la première circonscription de Haute-Garonne. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.