ToulÉco

Publié le jeudi 14 juin 2018 à 15h45min par Gaëlle Perret

Les géosciences vont-elles remplacer le pétrole dans le futur ?

Selon certains experts, la fin du pétrole est annoncée pour 2040. Si la crise de 2014 a affecté le monde pétrolier, l’exploitation de l’or noir continue partout dans le monde, même si cette crise pousse à revoir nos modes de consommation énergétiques. Comment les acteurs du secteur se préparent-ils et anticipent ces évolutions, en particulier à Pau où la (...)

Pau et ses environs abrite un véritable écosystème dédié aux géosciences qui fait vivre près de 30.000 personnes, géophysiciens, géologues, ingénieurs, formateurs, chercheurs, ingénieurs ou étudiants. Réunis autour du groupe Total et de l’université de Pau, ces acteurs s’intéressent de très près au sous-sol profond, à son observation, son exploration et son exploitation, entre autres, à des fins économiques.

Désigné filière d’excellence, cet écosystème contribue en grande partie à la bonne santé de l’économie locale, 600 millions d’euros d’impact économique direct, et rayonne à l’international. Il fait du Béarn une exception qui s’affranchit pour le moment de la loi sur la fin de l’exploitation des hydrocarbures en France prévue à l’horizon 2040.

Née de la découverte du gaz sur le bassin de Lacq et de l’implantation durable de Total autour de qui de nombreux sous-traitants sont venus s’installer, la filière géosciences paloise a été longtemps synonyme de génie pétrolier. Aujourd’hui, la filière est en pleine réinvention car la question n’est plus de savoir s’il faut continuer à chercher et à produire du pétrole, mais plutôt comment valoriser et conserver les compétences fines acquises en ce domaine pour ne pas manquer le tournant que représente la transition énergétique.

Les grands groupes historiques l’ont bien compris, ils investissent aujourd’hui dans ces nouvelles énergies (géothermie, capture et stockage du CO2, etc) en s’appuyant sur leurs savoir-faire et maintiennent leurs compétences à haut niveau. A Pau, plus qu’ailleurs, où le dynamisme et l’organisation de la filière ne sont plus à prouver. Ainsi Total mise sur le développement des métiers bas carbone afin que leur part représente 20% de son portefeuille d’ici une vingtaine d’années.

Les acteurs de la filière

Le rôle conjoint de la technopole Hélioparc et de la CCI a été majeur dans la reconnaissance de l’importance du secteur géosciences. Ils ont tous deux contribué à la structuration et à l’animation de la filière via la création d’un club géosciences, à l’émergence du pôle de compétitivité Avénia unique en France tout en amorçant la réflexion nécessaire autour du maintien et du développement des compétences.

Aujourd’hui les élus se sont approprié la thématique. La filière attire les entreprises, les chercheurs et les étudiants, mobilise la CCI, via « Invest in Pau ». de son côté, la technopole Hélioparc poursuit sa mission de renforcer cet écosystème à travers différentes actions, comme les 24h de l’innovation au cours desquels des étudiants travaillent en groupe sur des verrous technologiques et des études de cas réels, ou le Forum géosciences qui met en relation entreprises et étudiants.

Mais quel impact sur cet écosystème a eu la crise pétrolière ? Pour Olivier Farreng directeur de Hélioparc : “Les crises sont propices à la création d’entreprise. Le secteur pétrolier n’échappe pas à la règle. C’est aussi une période où l’on peut se remettre en question, se poser, développer les innovations, les projets. Le pôle Avenia et l’incubateur Géostart que nous avons créé en 2016 sont de vraies chances pour les ingénieurs impactés par la crise. Ce sont des clés pour rebondir et réussir. Nous sommes là pour les accompagner »
Gaëlle Perret

Sur la photo : Pau et sa région ont su tourner la page du pétrole pour se tourner vers les géosciences. Crédits : DR

Les géosciences, c’est quoi ?
Les géosciences c’est l’étude de la terre et du sous-sol, C’est aussi l’exploration et l’exploitation du sous-sol à des fins de développement économique. Historiquement, les géosciences sont liées à l’amont pétrolier et aujourd’hui plus largement aux nouvelles énergies du sous-sol, à la géothermie, etc…

A Pau, la filière des géosciences est représentée par une communauté internationale de plusieurs milliers d’acteurs (géophysiciens, géologues, scientifiques, ingénieurs, formateurs, chercheurs, étudiants… ), une soixantaine d’entreprises (Schlumberger, CGGVéritas, Paradigm, etc), une dizaine de laboratoires. On retrouve également le Centre de recherche Jean Féger, cinq centres de formations internationaux et des établissements publics ou privés dédiés à la formation, comme l’École Française de Forage, le tout réuni autour du groupe Total et l’université de Pau.