ToulÉco

Publié le dimanche 2 décembre 2018 à 18h40min par Philippe Font

Les PME toulousaines interpellent Mounir Mahjoubi face à la concurrence des géants du Net

Le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi est venu à la rencontre de chefs d’entreprise toulousains. Ceux-ci lui ont fait part de leurs difficultés face aux mastodontes du secteur, notamment les Gafa.

Elles sont venues exprimer leurs difficultés face aux géants du numérique. Jeudi 29 novembre, durant près de deux heures, une vingtaine de chefs d’entreprises évoluant dans le secteur du numérique ont pu échanger avec Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, à l’invitation de la CPME 31 et de son président Samuel Cette. Il y a quelques semaines lors d’un déplacement en Alsace, Mounir Mahjoubi avait lancé un appel à l’ensemble des TPE et PME de France à signaler les difficultés rencontrées via une plateforme de médiation spécialement destinée aux PME et TPE.

Et à Toulouse, les chefs d’entreprises avaient des choses à dire. « Un de nos produits a été bloqué à la douane car une notice n’était pas en Français, mais cela n’empêchait pas des market place concurrents de continuer à le vendre », stigmatise Marc Leverger, le confondateur de Brico Privé. La société toulousaine, 130 emplois et plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, est confrontée également à des concurrents peu scrupuleux sur la facturation de la TVA. Au fil des témoignages, on se rend compte que les PME et TPE ne pèsent pas bien lourd face à la force de frappe des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple ) dans un combat ressemblant à celui de David contre Goliath.

Une loi pour davantage de transparence en préparation

« Nous sommes confrontés à des problèmes de référencement et sommes soumis à des marges arrières… La market place nous fait payer des frais de marketing non justifiés, qui nous pénalisent financièrement », pointe Jean-Christophe Agobert, le fondateur de Kubb qui commercialise depuis 2014 des mini PC au design épuré. Pour Kubb, qui pèse 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, les ventes sur Amazon représentent 20% de son activité. Mais Jean-Christophe Agobert affirme que l’avenir de son entreprise passe par la vente directe via des points physiques, 95% de ses ventes se faisant en BtoB.

« Il est nécessaire de changer la loi, un nouvel outil, Plateform to business, est en préparation.Il va édicter des règles plus transparentes et obliger les acteurs du commerce sur le Web à répondre par mail ou par téléphone. Les market place doivent respecter la loi », a répondu Mounir Mahjoubi.
Philippe Font

Sur la photo : Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, en présence de Samuel Cette, président de la CPME 31. Crédits : Angélina Fourcault - ToulÉco