ToulÉco

Publié le jeudi 11 avril 2019 à 20h12min par Julie Rimbert

Les Vieux Fourneaux en ont encore sous le capot

Le cinquième tome de la BD Les Vieux Fourneaux est sorti en librairie le 9 novembre. Le dernier opus de cette série à succès est né à Toulouse sous le crayon et la plume de Paul Cauuet et son ami scénariste Wilfrid Lupano. Ils ont séduit le grand public avec leurs trois papis révoltés contre la (...)

« Faire chier le système le plus longtemps possible, vu qu’à nos âges, il n’y a plus guère que lui que l’on peut encore besogner. » C’est l’état d’esprit de la BD Les Vieux Fourneaux ! Depuis la sortie du premier tome en 2014, Antoine, Pierrot et Mimile, amis depuis leur enfance dans le Sud-Ouest, dégomment le grand capital, les aberrations de la société et son lot de bien-pensants. Les aventures de ces trois papis d’environ 70 ans qui n’ont rien à perdre, sont un véritable succès en librairie puisque la série s’est écoulée à plus de 1,3 million d’exemplaires.

Le cinquième tome, intitulé Bons pour l’asile sorti en novembre dernier, s’est hissé dans le top 5 des meilleures ventes des libraires, tous livres confondus. Un succès inattendu pour le dessinateur toulousain Paul Cauuet qui croque cette bande de septuagénaires aux airs de Tontons Flingueurs pour animer les scénarios de son ami Wilfrid Lupano. Après une rencontre lors d’un festival BD à Toulouse, les deux amis collaborent en 2010 sur la série L’Honneur des Tzarom, aventures débridées d’une famille de gitans du futur.

Quatre ans plus tard naissent leurs trois septuagénaires. « Le dernier tome se déroule à Paris mais les précédents albums prenaient place dans le Sud-Ouest car on avait envie de dessiner cette ambiance du rugby, des marchés et de l’apéro », confie Paul Cauuet, 38 ans. « Je me suis inspiré de lieux de mon enfance, comme la maison de mes grands-parents près de Moissac, que j’ai croquée dans le premier tome. C’était important pour nous de créer des personnages loin du héros beau, fort qui a déjà tout fait. Je pense que les lecteurs apprécient nos histoires car ils se sont attachés à nos personnages, plus proches de la fin que du début de leur vie. On voulait toucher même ceux qui ne lisent pas de bande dessinée. »

Un sixième album en préparation

C’est dans un atelier partagé avec d’autres dessinateurs et coloristes, La Mine, situé à deux pas de la place du Capitole, que le dessinateur met en image les scénarios de Wilfrid Lupano. Avec ces papis, qui ont connu l’époque des Trente Glorieuses et l’arrivée d’Internet, le dessinateur toulousain livre une comédie sociale, au regard acerbe sur notre époque. Avec le succès de la série, les deux amis ont plus de pression à chaque nouveau tome mais gardent la tête froide. « Il faut sans cesse renouveler l’écriture pour ne pas raconter la même chose », souligne Paul Cauuet. « On est toujours en progression, mon trait évolue doucement à chaque album mais nous gardons toujours en fil rouge le regard sur notre société avec des thèmes forts comme les migrants dans le dernier tome. »

Leurs anti-héros ont tapé dans l’oeil des producteurs de cinéma qui ont porté sur grand écran Pierrot, Antoine et Émile avec Pierre Richard, Roland Giraud et Eddy Mitchell, dont le tournage a eu lieu en Occitanie. « C’était une super aventure et quel honneur de voir nos personnages joués par de tels acteurs », raconte le dessinateur. « Cela nous a permis de découvrir le monde du cinéma. On a été impliqués dans le scénario qui reflète bien l’esprit des albums. Un deuxième film est d’ores et déjà évoqué. »
Julie Rimbert

Sur la photo : Paul Cauuet le dessinateur de la BD Les vieux fourneaux. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.