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Publié le mardi 21 novembre 2017 à 19h11min par Audrey Sommazi

Occitanie. Les salaires des cols blancs s’envolent dans l’aéronautique

Selon une étude de l’Insee, le salaire moyen dans l’aéronautique et le spatial est largement supérieur au privé. Il concerne les hommes à des postes de cadre et en CDI.

Il fait bon travailler chez Airbus, Dassault, Pratt & Whitney. C’est ce que révèle la dernière étude de l’Insee consacrée aux rémunérations chez les grands donneurs d’ordre aéronautiques et spatiaux dans le Grand Sud-Ouest (ex-régions Midi-Pyrénées et Aquitaine). Publiée mi-novembre, l’étude indique, sans grande surprise néanmoins, qu’entre fin 2012 et fin 2015, l’emploi dans la filière aéronautique et spatiale augmente de 1,5% en moyenne par an, soit 2,5 fois plus vite que dans l’ensemble du secteur privé.

Avec des marchés porteurs et des carnets de commandes bien remplis sur plusieurs années, les entreprises têtes de filière dans le secteur aérospatial, qui emploie près de 130.000 salariés fin 2015, tirent vers le haut les rémunérations. Le revenu médian annuel des constructeurs, maîtres d’œuvre et motoristes atteint 41.000 euros net tandis que les salariés des fournisseurs, des sous-traitants et des prestataires de services touchent plus de 25.000 euros net par an.

La filière regroupe plus du quart des 10% des postes ayant les salaires les plus élevés alors qu’elle ne représente que 8% de l’ensemble des emplois. Ainsi les grands donneurs d’ordre regroupent 17% des meilleures rémunérations du Grand Sud-Ouest et la chaîne d’approvisionnement 11%.

Une filière de cadres masculins en CDI

« Les caractéristiques des employeurs (taille d’entreprise, secteur d’activité, type de contrat) et des salariés (catégorie socioprofessionnelle, âge, sexe) expliquent en partie ces écarts de rémunération », note l’Insee. D’une part, la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures atteint 55% chez les grands donneurs d’ordre, 37% dans la chaîne d’approvisionnement, contre seulement 14% dans l’ensemble du secteur privé.

D’autre part, l’expérience, en lien avec l’âge du salarié, influe sur les salaires. Dans l’aérospatiale, le salaire des moins de 26 ans est supérieur de 12% à celui de leurs homologues du secteur privé ; pour les plus 50 ans, il est de 71%.

De plus, le type de contrat tire les rémunérations vers le haut. Les CDI représentent 90% des postes de travail de la filière, contre 84% dans l’ensemble du secteur privé. « Comme pour l’âge des salariés, le type de contrat peut aussi traduire une certaine ancienneté au sein de l’entreprise, avec des carrières plus longues chez les grands donneurs d’ordre et dans une moindre mesure dans la chaîne d’approvisionnement », ajoute l’Insee, qui précise que la filière se compose de 78% d’hommes, ces derniers étant mieux payés que les femmes.
A.S.

Photo d’illustration Rémy Gabalda - Crédit ToulÉco