ToulÉco

Les salariés d’Eiffage Construction de nouveau en grève à Toulouse

Chargée, l’actualité sociale de ce jeudi 9 octobre a notamment été marquée par une nouvelle grève des salariés d’Eiffage Construction à Toulouse et dans la région. Les salariés, qui s’étaient déjà mobilisés le 29 septembre dernier, dénoncent l’accord de compétitivité que le troisième groupe de BTP français veut mettre en place au sein de sa direction régionale sud-ouest qui s’étend des Charentes au Limousin en passant par l’Aquitaine et Midi-Pyrénées. Proposée en juillet dernier aux syndicats, une première mouture prévoyait un horaire de travail hebdomadaire de 42 heures payées 35 heures.

Selon la CGT, il serait désormais question, depuis le 18 septembre, de passer à 37,3 heures moyenne de travail, toujours payées 35. Le syndicat affirme également que la direction aurait « menacé de licencier la moitié du personnel en cas de refus des syndicats de signer l’accord », soit 700 emplois, et aurait proposé de « les remplacer par des salariés détachés européens ».

Rassemblés avec d’autres personnels devant le centre de congrès Pierre-Baudis pour l’ouverture du dixième congrès des Régions de France, quelque 150 salariés d’Eiffage Construction ont dénoncé le « chantage au licenciement » du groupe. « Nous sommes prêts à faire des efforts pour travailler différemment mais nous voulons être payés pour les heures que nous effectuons. Le bénévolat ne peut pas être imposé par le patronat », a expliqué à ToulÉco Philippe Rives, délégué syndical central CGT chez Eiffage Construction en Midi-Pyrénées.

Le syndicaliste concède les difficultés et les pertes que le constructeur enregistre depuis trois ans dans la région mais il estime que les salariés n’ont pas à en faire les frais : « Nous craignons que cet accord de compétitivité prévu pour durer deux ans ne soit qu’un premier pas et qu’il soit généralisé au sein du groupe voire de la profession ». De son côté, la direction nationale d’Eiffage Construction confirme que des négociations sont en cours autour d’un « accord de maintien de l’emploi » qui comprend un volet compétitivité. Elle conteste le chantage aux licenciements dont la taxe la CGT et précise que la préservation de l’emploi, dans une région où la concurrence est forte et les prises de commandes difficiles, passe par des « efforts réciproques ».
Johanna Decorse