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L’Autre Rive : le libraire côté rive gauche
article diffusé le 21 janvier 2010 - L’entreprise à suivre
5 août 2010 23h45
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Un îlot de résistance face aux fast-foods du livre. Le libraire l’Autre Rive revient aux fondamentaux du commerce de proximité. Conseil, personnalisation, animation, rencontres littéraires. Les habitants du quartier s’y croisent, s’y parlent, comme avant.

Artisan du livre : une qualification que François-Xavier Schmit, créateur de L’Autre Rive à Toulouse Saint-Cyprien, ne renie pas. Il exerce son métier à la manière des boutiquiers d’antan. Habitant du quartier, il connaît bien sa clientèle, la conseille dans ses choix de lecture.
Son rayon littérature jeunesse ne désemplit pas les mercredis après-midis, entre enfants et mamans qui feuillettent. Le dimanche matin, c’est au tour de familles entières de débarquer avec leurs cabas tout juste garnis au marché voisin de la halle. La recette du succès de cette petite librairie indépendante de 75 m² ? Proximité et service, sept jours sur sept.

Asterix contre les Romains

Le pari était loin d’être gagné lors de la création de l’échoppe en mai 2008. Hormis deux autres confrères indépendants, la ville est aux mains des poids lourds du secteur, le toulousain Ombres Blanches en tête, suivi de Gibert Joseph, Castela ou Privat, passé dans le giron de l’allemand Bertelsmann, premier éditeur mondial. Sans compter les grandes surfaces culturelles, les rayons livres des hypermarchés et les sites de vente en ligne. Beaucoup de monde sur la place.

« Mais la rive gauche de Toulouse restait libre. Et puis la loi sur le prix unique du livre en France protège les petits libraires comme moi. Enfin, le marché du livre est stable depuis des années, même en temps de crise » , plaide François-Xavier Schmit. Son chiffre d’affaires, loin des 8,3 millions d’euros d’un Ombres Blanches en 2008, est honorable, avec 270 000 euros atteints pour l’exercice 2008-2009. « De quoi me payer ainsi que mon assistante. C’est déjà ça », commente-t-il.

Le dernier salon où l’on cause

Ce passionné de livres, ancien directeur de ressources humaines, a la foi des récents convertis à la création d’entreprise. « Je voulais monter mon affaire depuis longtemps. Et je m’étais fixé un âge limite de 40 ans pour le faire sinon je n’aurais jamais sauté le pas ». A 37 ans donc, le voilà qui vend des « morceaux de vie et d’évasion » aux gens. Il aime jouer « l’agitateur culturel », organisant une quinzaine de rencontres littéraires par an dans sa boutique.

Amin Maalouf (Goncourt 93), Laurent Mauvignier (finaliste du dernier Goncourt) ou Mathias Enard (prix Inter 2009) sont déjà intervenus. Prochaine rencontre en date, ce vendredi 22 janvier, pour la sortie d’ « Agnus Regni ». Un roman écrit par Frédéric Sounac, professeur à l’Université du Mirail, et édité par la maison toulousaine Délit Editions. Du 100% Toulouse sur toute la ligne.
Isabelle Meijers


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