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Publié le dimanche 26 novembre 2017 à 19h12min par Philippe Font

Ligne LGV Paris - Toulouse : dernière ligne droite sur fond de polémique

Le président du Ceser Occitanie Jean-Louis Chauzy accuse le PDG d’Air France de faire du lobbying contre la LGV Bordeaux-Toulouse. Une accusation démentie par la compagnie nationale.

Dans quelques semaines, l’État doit statuer sur la réalisation de la LGV entre Bordeaux et Toulouse. Mais à l’approche de la décision finale, les positions se crispent. D’un côté les partisans de la LGV qui militent depuis des années pour que Toulouse soit (enfin) reliée à Paris en 3h10 ; et de l’autre, les défenseurs de l’avion. L’épisode du « chantage » d’Air France illustre cette opposition. La compagnie Air France ferait-elle pression auprès des ministères à Paris pour que la LGV entre Toulouse et Bordeaux ne se fasse pas ? C’est ce qu’affirme Jean-Louis Chauzy, président du Ceser, le Conseil économique, social et environnemental d’Occitanie. Lors de l’assemblée générale du Ceser qui s’est tenue jeudi 23 novembre à Montpellier, Jean-Louis Chauzy a dénoncé le chantage qu’exercerait depuis le début du mois d’octobre, Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France, auprès de différents ministères à Paris.

« Il explique que si la LGV arrive à Toulouse, il supprimera la Navette entre Toulouse et Paris », a-t-il lancé à la tribune. « L’aéroport doit se préparer à avoir moins de passagers, et pour cela, les compagnies doivent diversifier les destinations », rappelle Jean-Louis Chauzy qui soutient ses accusations. « Avant de parler je me suis renseigné, je n’avance pas à l’aveuglette : ce sont des infos sécurisées ».

« Des propos fantaisistes et infondés »

Du côté d’Air France, on dément formellement « ces propos fantaisistes et infondés » pour Jean-Jacques Labadie, le directeur régional de la compagnie en Occitanie. Ce dernier plaide plutôt en faveur de la cohabitation des deux modes de transport. « Depuis un an, nous avons ouvert une navette entre Paris et Montpellier : cette dernière est déjà desservie par le TGV, et nous avons pourtant enregistré une augmentation de trafic de 20%. Il est hors de question de baisser la fréquence de la Navette [au départ de Toulouse] », martèle encore Jean-Jacques Labadie. Ce dernier préfère argumenter sur le terrain du financement du projet LGV.

« La vraie question n’est pas de savoir si Air France fait du lobbying, mais de savoir si le projet de TGV est viable », ajoute le patron régional d’Air France. Il précise que le transport aérien « est privé et s’autofinance, ce qui n’est pas le cas du transport ferroviaire qui bénéficie de subventions ». Et Jean-Louis Chauzy de rappeler « qu’avec un billet aller-retour sur Air France on se peut s’acheter deux billets aller-retour en 1re classe en TGV ». Alors que la décision de mener à bien le chantier de la LGV sera prise en janvier 2018, la lutte d’influence des deux modes de transport bat son plein.
Philippe Font

Photo montage d’illustration. Crédits : Wikimédia pour la Navette Air France, SCNF pour le TGV