ToulÉco

Publié le vendredi 11 octobre 2019 à 11h54min par Sophie Arutunian

Ligne de métro TAE : quatre points à retenir du rapport de la commission d’enquête

Dans son rapport rendu ce 11 octobre, la commission d’enquête estime que le projet de troisième ligne de métro à Toulouse présente plus d’avantages que d’inconvénients, malgré son coût élevé. Elle donne un avis favorable assorti de recommandations.

C’est un pas important franchi dans le parcours administratif du projet TAE ( Toulouse Aerospace Express).Dans un rapport rendu avec trois semaines de retard sur ce qui avait été annoncé, la commission d’enquête qui a décortiqué les résultats de l’enquête publique sur la troisième ligne de métro (TAE), a rendu vendredi 11 octobre un verdict favorable. Voici l’essentiel des remarques et recommandations issues du document "conclusions de l’enquête publique" disponible sur le site de la préfecture de Haute-Garonne :

Point 1 : Sur le tracé 

La commission d’enquête estime que le tracé proposé est satisfaisant même si la desserte de l’aéroport n’est pas assurée directement par TAE. Il permet en revanche la desserte des deux pôles économiques les plus importants de la métropole toulousaine (pôle aéronautique Colomiers-Blagnac, et secteur économique Montaudran-Labège). Parmi les points positifs soulevés également : des stations qui sont uniformément reparties tout le long du tracé et pour la plupart au plus près des populations. Les parkings en tête de ligne, en revanche, « peuvent paraître insuffisants » souligne le rapport.

Point 2 : Sur l’aspect environnemental 

Le projet est jugé satisfaisant, notamment car « la réalisation de ce projet limitera l’usage de la voiture individuelle au profit des transports collectifs et entraînera une baisse des émissions de gaz à effet de serre ». « La baisse du nombre de véhicules à moteur permettra la réappropriation d’espaces publics par les vélos et piétons » ajoute le rapport, qui pointe néanmoins un inconvénient pour lequel il n’a pas encore été trouvé de solution : l’abattage d’arbres aux stations François Verdier, Limayrac, et Place de l’Ormeau.

Point 3 : sur le coût de l’opération

La commission note que ce projet très ambitieux (2,7 milliards d’euros) va « impliquer un pilotage très rigoureux et performant sur la durée de la dette ». Malgré un avis favorable, elle précise que « le coût élevé, s’il n’est pas contenu, pourrait hypothéquer les autres actions prévues au Plan Mobilités ». C’est le point sur lequel la commission est la plus prudente, mais elle s’appuie sur les avis favorables de la Région, du Département, du Sicoval et de la SNCF. Du point de vue du public, à partir des contributions reçues lors de l’enquête, on constate qu’une très grande majorité s’est montrée favorable au projet. "On relève environ 28% d’avis défavorables".

Point 4 : Recommandations

En conclusion, la commission d’enquête émet un avis favorable à la déclaration d’utilité publique de l’opération, mais l’assortit de certaines réserves. Elle demande notamment au maître d’ouvrage (Tisséo) de maintenir l’alignement des arbres à François Verdier et de chercher des alternatives à la destruction d’arbres à Limayrac et aux Ormeaux. Elle préconise par ailleurs de réduire la capacité du P+R projeté dans le quartier des Sept Deniers. Enfin, pour plusieurs stations servant de points d’appui multimodal, la commission d’enquête recommande lors des études de projet, "de veiller à assurer dans la plus grande sécurité les liaisons entre les divers modes de transports, sans trajet excessif pour les usagers".
Sophie Arutunian

Sur la photo : une vue d’artiste de la troisième ligne du métro toulousain. Crédits : Tisseo Collectivités.

L’intégralité du rapport est disponible ici ->http://www.haute-garonne.gouv.fr/content/download/31477/209671/file/Rapport%20définitif.pdf

Agenda :

Cet avis de la commission d’enquête doit permettre à Tisséo de retravailler le projet et de proposer une mouture finale au préfet. Ce dernier pourra ainsi prendre l’arrêté de déclaration d’utilité publique. Si le calendrier est respecté, Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, espère que le chantier pourra démarrer dès 2020.