ToulÉco

Publié le mardi 12 novembre 2019 à 19h30min par Sophie Arutunian

Logistique urbaine : la stratégie green d’Amazon à Toulouse

Chaque jour, 110 chauffeurs quittent le dépôt d’Amazon au sud de Toulouse pour livrer des milliers de colis en ville. À l’heure de la prise de conscience écologique, le géant du e-commerce réfléchit à comment limiter son impact environnemental.

« Quand Amazon annonçait des livraisons en quarante-huit heures, on nous prenait pour des fous, et finalement tout le monde a fait pareil. Aujourd’hui on propose la livraison en vingt-quatre heures, et tout le monde veut s’aligner ». Tout sourire, Ronan Bolé, président d’Amazon Logistique France, a reçu la presse locale il y a quelques jours, sur le site Amazon de la route d’Espagne, pour faire le tour du propriétaire. Il faut dire que les chiffres peuvent le réjouir : le site d’Amazon à Toulouse voit transiter plus de 25.000 colis par jour (le double lors des pics, comme à Noël), et embauche 130 personnes dont 70 en CDI.

Le site du géant américain promet une livraison dès le lendemain pour une commande passée avant minuit. Un symbole de l’hyper-consommation plusieurs fois dénoncé par des activistes du climat et des gilets jaunes qui ont bloqué le site. « Il y a une très forte demande pour être livré le lendemain, ne me demandez pas pourquoi », justifie Ronan Bolé.
Pour assurer ces livraisons express, 110 chauffeurs travaillent sept jours sur sept à Toulouse (180 pour l’ensemble de la région Occitanie). Salariés de sociétés sous-traitantes (UTS, Flash, Cogepar et Globe), ils livrent en camionnette chez les particuliers, assurant ainsi le fameux « dernier kilomètre ».

Et l’environnement dans tout ça ?


Alors que vient d’ouvrir au nord de Toulouse la plateforme logistique de Fondeyre, dont l’objectif est de désengorger le centre-ville de Toulouse, Amazon représente un enjeu de taille, pour ne pas dire un problème, avec ses 110 camionnettes quotidiennes. Pourtant, les objectifs environnementaux du grand patron, Jeff Bezos (première fortune mondiale), sont extrêmement ambitieux. « Il a annoncé il y a un mois le Climate Pledge , qui prévoit zéro émission de carbone d’ici 2040 », expose Ronan Bolé. Ce serait aller plus vite que les accords de Paris qui prévoient la neutralité carbone en 2050.

Pour y arriver, Amazon prévoit de développer l’utilisation de véhicules électriques ou hybrides, ainsi que de vélos cargo, ces derniers étant déjà en fonctionnement à Strasbourg selon Ronan Bolé. « Actuellement nous n’avons pas encore trouvé le bon véhicule. Mais une fois que nous aurons testé des pilotes, nous irons vite en termes de timing et d’investissements », promet le président d’Amazon Logistique France. Le développement des lockers (les consignes positionnées dans des lieux publics) et des counters (des points relais Amazon dans les maisons de la presse) devrait également permettre de grouper les livraisons, et donc d’économiser des trajets. Il y a actuellement en Haute-Garonne cinquante lockers et vingt counters.

À la question de savoir si les impératifs écologiques sont bien compatibles avec des livraisons en vingt-quatre heures chrono, Ronan Bolé est convaincu : « commander en ligne et massifier les livraisons vers les domiciles pollue moins que quand chacun va à la grande surface voisine avec sa propre voiture. Nous, nous remplissons au maximum les véhicules ».
Sophie Arutunian

Sur la photo en haut : le centre de livraison Amazon de Toulouse où transitent 25 000 colis par jour. Au milieu : Ronan Bolé, président Amazon Logistique France, recevant la presse le 6 novembre dernier. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

P.S. :
Lors de l’événement Futurapolis à Toulouse sera projeté le film Le monde selon Amazon, vendredi 15 novembre à 20 h au Museum. Ce film produit, par France 5, est une enquête menée sur le terrain (France, Allemagne, Bruxelles, Pologne, Inde, USA), et qui propose « une plongée vertigineuse dans l’univers Amazon. Son histoire et sa conception du monde ».