ToulÉco

Publié le jeudi 13 septembre 2018 à 18h35min par Philippe Font

Loîc Le Roux de Bretagne : « Créer 3500 emplois dans le Comminges d’ici 2030 »

Elu en 2017, Loîc Le Roux de Bretagne président de la communauté « Coeur et coteaux du Comminges » souhaite lui donner une nouvelle impulsion. Un développement qui passe par des actions de marketing territorial et l’organisation d’événements comme les Pyrénéennes.

Loîc Le Roux de Bretagne, comment est née la Communauté « Coeur et coteaux du Comminges » ?
La Communauté « Coeur et coteaux du Comminges » (5C) a vu le jour en 2017 après la fusion des cinq communautés du Boulonnais, Nébouyzan-Rivière-Verdun, des Portes du Comminges, du Saint-Gaudinois et des Terres d’Aurignac. Comme personne n’en voulait, c’est le Préfet qui l’a imposée. Nous représentons 45.500 habitants, 104 communes et ma volonté en tant que président est de fédérer et d’harmoniser ce territoire. A la retraite et ayant travaillé dans le secteur privé, j’ai fait toute ma carrière à l’étranger pour Rhone Poulenc puis Bayer BASF dans la phytopharmacie, je n’ai jamais fait de politique ! Mais je me mets à la disposition de mes concitoyens. Je travaille en équipe et je délégue. J’ai onze vice-présidents avec des délégations précises, ce sont eux les responsables je cherche à faire la même chose avec les agents. Une chose qui cela n’existait pas auparavant.

Quel est le contexte économique de votre collectivité ?
Le territoire se divise en deux : les coteaux avec L’Isle-en-Dodon, Boulogne-sur- Gesse et Aurignac qui n’ont ni d’autoroute, ni train. Au contraire de Saint-Gaudens et Montréjeau accessibles par l’autoroute et le rail. L’essentiel du developpement économique se fait sur le Saint-Gaudinnois et le Montréjeaulais car il y a les infrastructures de transports. Notre problématique est de savoir comment agir en tenant compte des atouts sans laisser l’autre partie du territoire.

Quels sont ses atouts ?
Le bien-être et le tourisme. Le musée d’Aurignac, Montmaurin et sa villa gallo-romaine, les chemins de randonnée sont autant d’atouts à mettre en avant. Avec la création d’un seul office de tourisme, je souhaite une politique touristique enrichie ouverte vers l’extérieur. Le Comminges a trop souffert de vivre replié sur lui même. Par exemple, la foire Agricole Les Pyrénéennes (voir encadré, NDLR) qui se déroule jusqu’à dimanche en est à sa onzième édition. En règle générale elle rassemble entre 50.000 et 60.000 personnes. Aujourd’hui ma volonté est de l’ouvrir sur toutes les Pyrénées et sur l’Espagne. Pour la première fois le département de Haute-Garonne est coorganisateur de l’événement. C’est un bon exemple d’ouverture. Nous devons profiter de gros partenaires comme le Département, la Région ou la Métropole. A nous d’aller chercher ces atouts situés autour de nous.

Quelle est la situation des entreprises aujourd’hui dans le Comminges ?
Le tissu économique du Comminges est constitué essentiellement de PME et de TPE comme l’usine de nitrocellulose Fibre Excellence, même si la plus grosse entreprise du secteur est le centre hospitalier. Aujourd’hui nous avons besoin d’entreprises jeunes et innovantes et nous avons des atouts à proposer : nous disposons de foncier, d’une très bonne qualité de vie et nous déployons la fibre. Aujourd’hui il n’y aucune raison pour que des entreprises ou des filiales de grandes sociétés ne s’installent pas dans le Comminges. mais il faut aller les chercher ! Nous sommes en pleine construction du Scot et d’ici 2030, l’objectif est de faire venir 10.000 personnes sur le pays Comminges, ce qui créerait un peu plus de 3500 emplois productifs.

Justement quels sont les atouts que vous souhaitez mettre en avant pour attirer ces nouvelles entreprises ?
Nous disposons d’une douzaine de zones d’activités gérées par la communauté des communes, de deux échangeurs autoroutiers (sortie 17 et 18) qui desservent des zones d’activités qui ne demandent qu’à se développer. On vise des start-up et des entreprises tournées vers l’innovation, car nous souhaitons avoir une image tournée vers l’avenir. Par exemple une start-up toulousaine spécialisée dans le cycle made in France va s’installer en 2019 : son dirigeant a fait le choix du Saint-Gaudinnois car ici il dispose de la qualité de vie sans les désagréments de la métropole.
Nous voulons aussi valoriser nos filières existantes, notamment celle qui concerne le secteur agricole et agroalimentaire. Ensuite il y a des entreprises installées sur le territoire, dans le meuble (Carsalade), la sécurité incendie, la fabrication de sols ou la production de capsules pour embouteillages (Sofacap) qui ne demandent qu’à être valorisées. Nous avons un déficit d’image qui doit être comblé par la politique de la communauté de communes avec un programme d’aménagement des zones d’activité.

Quels sont les programmes d’action ?
Cela va passer par le développement des différentes Zac, dont celle initiée avec la Région, Occitanie zone économique (OZE) qui s’étend sur quatorze hectares. Nous voulons également valoriser le secteur agricole : nous avons 59.000 hectares soit 60% de la superficie du territoire et 1000 exploitations agricoles dont 600 dédiés à l’élevage. Cela va passer par la mise aux normes des deux abattoirs de Saint-Gaudens et Boulogne-sur-Gesse ainsi que l’instauration de « circuits courts ».
L’idée est de rapprocher la production locale de qualité du consommateur, notamment des cantines scolaires. Sur Toulouse 30.000 repas sont servis tous les jours aux scolaires ! Tout est à portée de main, il faut penser Comminges !

Le Comminges mérite une meilleure situation même s’il n’y a rien de catastrophique. Le tableau est positif, 70% des entreprises ont plus de trois ans d’existence. Il y a des élus dans les coteaux qui ont davantage envie de bouger que dans le Saint-Gaudinnois qui peut-être se suffit à lui même, il y a une émulation forte. Dans un futur proche les trois intercommunalités du Comminges ne feront peut être qu’une. Ma priorité est que cette intercommunalité fonctionne d’ici 2020. À nous d’impulser le mouvement et de transformer nos idées en actions concrètes. Je crois beaucoup à la contractualisation, nous avons vraiment besoin de créer des partenariats avec le Département ou la Région voire la Métropole afin de valoriser et aménager notre territoire.

Comment gérez-vous la proximité avec Toulouse ?

Toulouse est à peine à une heure, le bien-être à Saint Gaudens est un atout et le télétravail va se développer. Travailler trois jours par semaine à la maison et deux jours à l’entreprise va bientôt être la règle. La mentalité des gens est en train de changer. Ici, en dix minutes, on est au bord de l’eau avec une canne à pêche ou sur un sentier de randonnée au pied du Cagire. Il faut peut être attirer les gens qui aiment la randonnée et la nature, car on ne pourra jamais offrir ce que propose une métropole comme Toulouse. Nous disposons de cinquante-huit écoles, six collèges, deux lycées, des lycées professionnels… Les gens qui s’installent ici ont envie d’avoir autre chose que ce qu’ils trouvent à Toulouse.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur les photos : Loîc Le Roux de Bretagne, président de la communauté de communes « Coeur et Coteaux Comminges ». Crédits : Théo Renault – ToulÉco

P.S. :

Du 14 au 16 septembre à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), la 11e édition Les Pyrénéennes va rassembler près de 50.000 visiteurs venus découvrir les 1400 animaux ou les produits mis en avant par les 105 exposants. Loïc de Bretagne souhaite que Les Pyrénéennes, aujourd’hui quatrième salon agricole de France, devienne la troisième ou deuxième manifestation dans l’Hexagone, juste derrière le salon de l’agriculture à Paris . Et souhaite à terme attirer 80.000 visiteurs contre les 50.000 à 60.000 actuellement.