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Publié le dimanche 11 février 2018 à 19h17min par Audrey Sommazi

Eurofighter : Airbus blanchi par l’Allemagne mais sanctionné pour « négligence »

Dans le cadre des enquêtes pour corruption en Allemagne et en Autriche, le constructeur européen Airbus vient de recevoir la réponse du parquet de Munich sur le dossier Eurofighter. Reste désormais à la justice autrichienne de se prononcer.

L’avionneur européen s’est vu infliger une amende de 81,25 millions d’euros en Allemagne dans le dossier Eurofighter, a indiqué Airbus, vendredi 9 février dans un communiqué. Une somme qui permet toutefois au groupe européen basé à Toulouse de clore le volet allemand de cette enquête pour corruption présumée autour de la vente de dix-huit avions de combat à l’Autriche en 2003.

« Le résultat de l’enquête conduite par le parquet (allemand, NDLR) depuis 2012 n’a pas confirmé les allégations de corruption », a affirmé Airbus. Le ministère public estime toutefois qu’Airbus a failli à son devoir de surveillance. « La notification pénale reproche un manquement par négligence du devoir de supervision par l’ancienne direction d’Airbus Defence and Space sans viser aucun de ses membres en particulier. La notification reproche à l’ancienne direction d’avoir failli par négligence à mettre en place des mécanismes de contrôle interne adéquats qui auraient pu empêcher des employés d’effectuer des paiements à des partenaires commerciaux sans prestations réciproques prouvées et documentées », a précisé Airbus.

Une enquête toujours en cours en Autriche

Si la partie allemande de cette affaire est désormais close, l’avionneur reste cependant dans le collimateur de la justice autrichienne. Les investigations « continuent indépendamment » de la décision en Allemagne, a indiqué un porte-parole du parquet de Vienne, dont les propos ont été rapportés par l’AFP.

Le gouvernement autrichien a porté plainte contre Airbus l’an passé, réclamant 1,1 milliard d’euros de dommages et intérêts pour fraude délibérée autour de ce contrat. Le PDG, Tom Enders, qui ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat en 2019, est visé dans cette affaire. A l’époque des faits, il dirigeait la branche défense du groupe Airbus. Le constructeur est également sous le coup de plusieurs enquêtes, notamment du Parquet national financier (PNF) en France et du Serious fraud office (SFO) en Grande-Bretagne pour des soupçons de corruption lors de transactions, pour des faits qu’Airbus avait lui-même dénoncés en 2016.

En janvier dernier, l’avionneur européen s’était vu infliger une amende de 104 millions d’euros dans le cadre d’une procédure arbitrale pour un litige remontant à 1992 concernant la vente de missiles à Taïwan par le groupe Matra.
A.S.
Sur la photo : Tom Enders président exécutif d’Airbus Group. Photo Airbus.