ToulÉco

Publié le lundi 18 septembre 2017 à 14h15min par Marie Deshayes

Marie-France Gaucher, au chevet de la santé privée à Pau

Dans le monde de la santé, Marie-France Gaucher est un cas à part : elle est une des rares à cumuler les fonctions de directrice des polycliniques de Navarre et Marzet, tout en étant présidente de la Fédération de l’hospitalisation privée de Nouvelle-Aquitaine.

Le diagnostic est clair : dans le domaine de la santé, plus on monte en grade, moins on a de chances de trouver des femmes. Marie-France Gaucher fait exception à la règle. Directrice des polycliniques de Navarre et Marzet, elle a récemment été élue à la tête de la Fédération de l’hospitalisation privée de Nouvelle-Aquitaine (les trois antennes régionales ont fusionné en 2016, et représentent quatre-vingt-dix-neuf cliniques privées au total). Dans le conseil d’administration de ce syndicat professionnel, on retrouve peu de femmes également…

Alors, comment Marie-France Gaucher s’est-elle retrouvée à ce niveau de responsabilité ? Par « chance », dit-elle souvent. Après six ans en pharmacie d’officine, son parcours change de trajectoire en 1985 à la clinique Ecot-Gaucher, après avoir remplacé une pharmacienne partie en congé maternité. Elle y rencontre
celui qui deviendra son mari, le Dr Jean-Louis Gaucher. « Pour devenir directrice d’une clinique, il faut épouser le PDG ! ironise-t-elle. Ma belle-famille m’a proposé d’intégrer la clinique. J’ai suivi des formations et j’ai fini par prendre le poste de directeur général. »

Vient alors le grand projet de sa carrière : la création de la polyclinique de Navarre, qui a commencé en 1994 avec le regroupement des cliniques Ecot-Gaucher et de la maternité des Cigognes. « Les cliniques étaient beaucoup plus petites qu’aujourd’hui.
Mais on s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus fonctionner avec des petites structures isolées. » Le maire socialiste de l’époque, André Labarrère, « avait la volonté de faire un pôle avant-gardiste » dans le secteur de la santé. Le directeur de l’hôpital le rejoignait. La construction de la polyclinique commence donc en 2001. Le rachat de deux autres cliniques complète l’opération de regroupement en 2003 et 2004. La construction, Marie-France Gaucher l’a suivie « mètre carré par mètre carré »,« même avec des talons hauts ».

Femmes « guerrières »

Être une femme, dans une vie professionnelle, peut être un atout, selon elle : « Les hommes ne se méfient pas face à des femmes. Ils ne soupçonnent pas qu’elles peuvent être des guerrières », dit celle qui a été décorée de la Légion d’honneur en 2011.En 2013, la polyclinique de Navarre rachète sa concurrente, la clinique Marzet, « au bord de la faillite ». « On a passé un an et demi très compliqué. Mais je me suis entourée de collaborateurs loyaux qui ont compris ce que je voulais faire. On était là pour la sauver, cette clinique. »

Les projets ne s’arrêtent pas là puisqu’une partie de l’activité de Marzet, la chirurgie, doit être recentrée sur le site de Navarre. Marzet sera spécialisée en médecine et en oncologie. Et enfin, après le récent rachat de la clinique de soins de suite et de réadaptation Saint-Odile à Billère, quarante lits seront transférés à Marzet. Chaque polyclinique affiche un chiffre d’affaires d ‘environ 25 millions d’euros. La « fée pugnace », comme l’avait qualifiée André Labarrère, contribue à transformer l’échiquier de la santé à Pau.
Marie Deshayes

Sur la photo : Marie-France Gaucher est directrice des polyclinique de navarre et Marzet. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco