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Publié le jeudi 10 octobre 2019 à 19h30min par Béatrice Girard

Medes de Toulouse : un lieu unique pour la médecine spatiale

Études cliniques, innovations médicales, suivi des astronautes : trente ans après sa création, l’institut de médecine et de physiologie spatiale de Toulouse fait figure de référence en Europe.

En 2017, la mission Proxima de Thomas Pesquet tenait en haleine la France entière et davantage encore les médecins toulousains du Medes, l’institut de médecine et de physiologie spatiale. Ils ont en effet participé à la mission pour les expériences et le suivi médical de l’astronaute. Cette structure hybride entre espace et santé a été co-fondée en 1989 par le CHU de Toulouse et le Cnes, avec l’ambition de doter la France de compétences en médecine spatiale.

Trente ans plus tard, la mission est accomplie. Le Medes est l’une des trois cliniques spatiales d’Europe (les deux autres sont en Allemagne et en Slovénie), mais c’est aussi le seul établissement de ce type situé au cœur d’un CHU et habilité à mener notamment des études en immersion sèche pour entraîner et préparer les astronautes à leur départ.

L’établissement fournit un support opérationnel aux agences spatiales et à la communauté scientifique. Il mène également des innovations médicales qui impulsent des synergies entre espace et santé. Cinquante-cinq études cliniques (dont vingt-cinq de simulation de l’impesanteur) ont ainsi été réalisées au sein du Medes depuis sa création.

La médecine du futur

Financée par les acteurs du spatial au gré des missions qui lui sont confiées, la clinique affiche un chiffre d’affaires annuel de quatre millions d’euros. Si les expériences menées au sein du Medes restent très en amont des applications en santé grand public, l’objectif reste quand même d’évaluer de nouveaux moyens de prévention.

« En l’air, la physiologie d’un astronaute ressemble à un vieillissement accéléré réversible et notre rôle est un peu celui de passeurs, car l’expertise acquise pour le suivi en vol, sert ensuite dans des problématiques de santé publique », décrit ainsi le docteur Bernard Comet, spécialisé dans le suivi des astronautes.

Certaines études se font d’ailleurs en coopération avec le CHU sur des sujets pointus comme la polyarthrite rhumatoïde. De nouvelles activités se développent pour se projeter sur la médecine du futur, avec des télésuivis pour des enfants souffrant de maladies chroniques, et des projets de suivi de patients âgés souffrant d’insuffisance cardiaque.

Sur le volet spatial, le Medes est au cœur des enjeux de coopérations internationales et se retrouve de fait, dans les enjeux du new space. « Nous travaillons à adapter nos services pour répondre à des problématiques de missions lointaines, mais aussi pour faire le lien avec de nouvelles offres commerciales en orbite basse », décrit Philippe Hazane, le directeur exécutif du Medes.
Béatrice Girard

Sur la photo : le Medes est le seul établissement de ce type situé au cœur d’un CHU et habilité à mener des études en immersion sèche qui permettent de préparer les astronautes à leur départ. Crédits : Cnes - DR.