ToulÉco

Publié le lundi 24 septembre 2018 à 22h10min par Philippe Font

Financement des CCI d’Occitanie : « l’État doit revoir sa copie »

Après les restrictions budgétaires annoncées par le gouvernement à l’encontre des CCI, les responsables consulaires montent au créneau pour défendre les intérêts des chambres. Au premier rang se trouve Alain Di Crescenzo, président de la chambre d’Occitanie.

Depuis plusieurs semaines la grogne monte au sein des CCI de la région Occitanie. Sur les réseaux sociaux le hashtag « Pourquoi nous arrêter ? » est relayé tandis que tous les mercredis, les interlocuteurs qui souhaitent obtenir des renseignements auprès de leur chambre de commerce et d’industrie trouvent porte close. En cause : le projet du gouvernement de réduire la dotation des CCI de 400 millions d’euros sur les quatre prochaines années.

« Depuis 2012, nous avons déjà perdu la moitié de nos ressources dont 17% pour la seule année 2018. A partir de janvier 2019, la dotation de l’État pourrait baisser de 60 à 30 millions d’euros pour la CCI d’Occitanie (elle regroupe treize chambres de commerce départementales, NDLR) alors qu’elle nous permet d’assurer une mission de service public », tempête Alain Di Crescenzo, président de la Chambre régionale et fer de lance de la bataille contre ces restrictions.

A cela s’ajoute la menace sur l’emploi : selon Alain Di Crescenzo, « un tiers des effectifs serait menacé. L’humain n’est pas pris en compte ! », déplore-t-il. Avec 150.000 entreprises inscrites, 22.000 demandeurs d’emplois accompagnés et 8200 jeunes formés tous les ans, la CCI d’Occitanie, dont le siège se trouve à Toulouse Blagnac près de l’aéroport, avance pourtant des arguments pour justifier son utilité au tissu économique.

Des pistes de diversification viables ?

Des preuves qui visiblement ne sont pas prises en compte par les pouvoirs publics. Après ce constat, place aux solutions : que doivent faire les CCI pour sortir de cette mauvaise passe ? « Nous sommes favorables à des économies mais dans des perspectives réalistes, le gouvernement doit revoir sa copie », évoque encore Alain Di Crescenzo. « L’État souhaite que les CCI facturent ses services et prestations aux collectivités, aux entreprises et aux jeunes en formation, mais cela pose plusieurs problèmes », pointe le président de la CCI d’Occitanie.

« Pour les jeunes il me paraît difficile d’augmenter les tarifs de formation et les collectivités ont des budgets à tenir. Quant aux entreprises, on risque de se retrouver en concurrence avec certaines sociétés de conseil. Nous devons être complémentaires et non pas en compétition, sinon cela sonne la fin des Chambres de commerce ». Les responsables des CCI en France se donnent d’ici la fin de l’année pour faire revenir le gourvernement sur sa décision de baisser leurs dotations de 400 millions d’euros.
Philippe Font

Sur la photo : Alain Di Crescenzo, président de la CRCI d’Occitanie souhaite que le gouvernement recule sur son souhait de réduire la dotation des CCI de 400 millions d’euros d’ici 2022. Crédits : Lydie Lecarpentier

2 Commentaires

  • Le 25 septembre à 09:38 , par Tristan RIGOU

    Je ne peux qu’être d’accord avec Alain Di Crescenzo. D’abord, je peux témoigner que la CCI de Toulouse est utile pour des entrepreneurs qui montent leur affaire ou quand malheureusement celles-ci ont des problèmes (j’ai été dans les deux cas).
    Certes, il y a des améliorations à faire dans le fonctionnement des CCI, mais si tout est facturé, cela veut dire que les sociétés qui ont peu de moyens (voire plus aucun) et qui ont le plus de besoins ne pourront plus accéder aux services. A l’inverse, celles qui cotisaient le plus parce qu’elles sont importantes et en forme n’auront guère intérêt à utiliser des services dont elles disposent déjà en général.
    En résumé : oui à une amélioration du fonctionnement et sans doute à des baisses de coûts mesurées, non à la disparition des services mutualisés entre les entreprises de la région qui profitent à celles qui feront la richesse de demain.

    • Le 25 septembre à 15:03, par Thierry DUMAS

      Ce message résume parfaitement la situation pour les TPE PME ;.
      Les petites sociétés qui bénéficiaient des services de conseils quasiment gratuits de la CCIT vont devoir en payer le prix fort ou y renoncer.
      Les grandes sociétés, c’est vrai , utilisaient peu nos services directement, mais se servaient des CCI comme lieu de rencontre.
      En fait il y’ a là une sorte de solidarité entre grandes et petites entreprises qui va disparaître, si le projet gouvernemental est appliqué. C ’est dommageable !

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