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Publié le mardi 4 septembre 2018 à 18h30min par Aurélie de Varax

Micropep Technologies lève 4 millions d’euros pour développer son alternative aux intrants chimiques

Article diffusé le 8 mars 2018

Société toulousaine pionnière dans le développement de solutions vertes alternatives aux pesticides et engrais chimiques, Micropep Technologies vient de lever 4 millions d’euros auprès de Sofinnova Partners, Irdi Soridec Gestion et la SATT Toulouse Tech Transfer.

Ce serait une révolution pour le monde agricole. La levée de fonds de 4 millions d’euros réalisées réalisée par la start-up Micropep Technologies, hébergée actuellement au sein de l’accélérateur de projet TWB (Toulouse White Biotechnology), porte un changement de paradigme pour l’agriculture : utiliser des protéines naturelles pour contrôler et diriger temporairement la génétique des plantes. Par exemple accélérer ou ralentir la germination, augmenter la résistance aux maladies ou encore améliorer la floraison.

"Notre objectif est de contribuer à remplacer une partie des intrants chimiques en proposant des intrants biologiques en enrobage de semence ou sous forme liquide grâce à nos micropeptides", explique Thomas Laurent, le CEO de la start-up créée en 2016. " Ces molécules que nous espérons produire naturellement en grande quantité à partir de bactéries ou de levures peuvent réguler temporairement l’expression de gènes d’intérêt. C’est comme un orchestre. Elles peuvent ralentir ou accélérer la musique naturelle de la plante sans que l’on touche à l’ADN".

Une découverte issue du LRSV (Laboratoire de Recherche en Sciences Végétales)

Fin 2012, une équipe portée par Jean Pierre Combier et Dominique Lauressergues met à jour pour la première fois l’existence de micro-peptides dans les plantes, une suite d’acides aminés servant à réguler l’expression des gènes de la plante naturellement. De 2013 à 2015, cette découverte sera soutenue et accompagnée par Toulouse Tech Transfer (TTT), la Société d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) de Toulouse qui investit 750.000 euros dans le projet pour prolonger la R&D et verrouiller la protection industrielle. Un brevet est déposé et une publication sort dans la célèbre revue Nature.

Thomas Laurent, l’actuel CEO de Micropep était alors responsable commercial Greentech au sein du SATT. "Ayant travaillé auparavant en conseil en stratégie ainsi que sur plusieurs projets de start-up, je me suis portée volontaire pour pousser le projet avec l’aide des chercheurs, vers la création d’uns start-up plutôt que de confier la découverte à un industriel à travers une licence." En avril 2016, la société est créée. Lauréate 2016 du Concours mondial de l’innovation, du réseau Entreprendre Occitanie ainsi que du Concours i-Lab de BPI France, Micropep Tcehnologies intègre l’accélérateur de projet TWB en mars 2017.

Développer une nouvelle génération d’intrants biologiques

La levée de fonds de 4 millions d’euros que l’entreprise vient de réaliser auprès de son partenaire historique TTT, d’irdi Soridec Gestion et du leader du capital risque en science du vivant Sofinnova Partners devrait permettre à la start-up de structurer son activité vers une pré-industrialisation : étoffer la bibliothèque de molécules actives, prototyper les premiers produits pour les tester en petites parcelles et renforcer sa visibilité à l’international pour favoriser des futurs co-developpements de produits. Une dizaine de recrutement sont prévus.

"Nous avons commencé à identifier des micro-peptides spécifiques au maïs qui viendront stimuler la vigueur germinative de la plante sans pour autant favoriser celle des mauvaises herbes à proximité. Nous visons une première sortie de produit d’ici cinq ans", précise Thomas Laurent. "Nous sommes convaincus que notre expertise du secteur et de son environnement à l’international nous permettra d’accompagner au mieux Micropep dans sa capacité à révolutionner les paradigmes de l’agriculture » a déclaré Denis Lucquin, Managing Partner chez Sofinnova Partners.
Aurélie de Varax

Sur la photo 1 : Thomas Laurent, CEO de Micropep Technologies auprès de l’équipe de recherche. Photo DR