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Publié le mercredi 25 octobre 2017 à 21h41min par Agnès Fremiot

Morning : « Nous ne sommes pas là pour casser les codes bancaires »

Après le départ de son créateur et sa reprise par la banque Edel, la banque en ligne Morning se réveille doucement. Sa nouvelle stratégie vient d’être dévoilée par son directeur général Frédéric Senan.

Frédéric Senan, où en sont aujourd’hui les équipes de Morning ?
Nous avons conservé l’immense majorité de l’équipe, même si une douzaine de personnes qui n’étaient pas forcément en accord avec la nouvelle stratégie de l’entreprise ont préféré partir. Nous avons effectué des recrutements complémentaires pour faire face à ces départs. Nous sommes aujourd’hui trente-cinq. Quant aux locaux à Saint-Élix-le-Château, nous y sommes bien. Le cadre de travail est agréable, et même si la distance avec la métropole toulousaine est parfois un inconvénient, nous nous en accommodons. Nous n’y resterons pas forcément à terme, si notre activité croît, mais nous y serons au moins jusqu’en 2019. Nous sommes une entreprise occitane, qui le restera, quoi qu’il arrive.

Quels sont les axes de la nouvelle stratégie de Morning ?
Elle repose sur trois points principaux. D’abord, nous allons continuer avec le BtoC, qui va tourner désormais autour d’offres affinitaires très segmentées (afin de proposer à la clientèle des produits ciblés, NDLR), aujourd’hui peu ou mal adressées par les établissements bancaires. Comme nous l’avions annoncé, en mars, au moment de la reprise des parts de Morning par la banque Edel, nous allons proposer, en marque blanche, à nos clients de différents secteurs de réaliser des opérations avec des comptes de paiement, ce qui est le métier de base d’Edel. Enfin, nous allons nous positionner sur un secteur, que nous n’avions pas encore identifié en mars, le BtoBtoC, et émettre des cartes prépayées et des cartes cadeaux que nous allons proposer aux acteurs du marché de la distribution. Ces trois piliers sont contributifs, et le BtoC ne sera pas le parent pauvre de notre activité, même si le BtoB reste le plus profitable.

Vous dites que le BtoC n’est pas le parent pauvre. Pourquoi ?
Nous avons beaucoup communiqué au départ sur le BtoB. Nous souhaitons conserver cette dimension BtoC, mais nous ne serons pas dans une stratégie de conquête clients massive. Nous devons mettre en place un modèle tarifé qui soit fair-play vis-à-vis de nos clients.

Vous n’entendez donc pas poursuivre la stratégie d’Éric Charpentier qui souhaitait révolutionner l’univers de la banque ?
Nous conservons l’ADN de Morning en proposant des usages qui n’existent pas encore sur le marché. Mais, nous ne sommes pas là pour casser les codes bancaires. Nous n’allons proposer ni crédit, ni placement. Révolutionner le monde de la banque serait aujourd’hui présomptueux et techniquement irréalisable. Nous avons choisi de revenir aux fondamentaux : le paiement avec une logique affinitaire. Nous nous adressons à des personnes qui ont des besoins spécifiques et à qui nous allons proposer une solution adaptée, tout en conservant un compte de paiement ibanisé. Notre modèle économique dans le domaine du BtoC repose sur les offres que nous proposons aux parents, aux étudiants étrangers ou aux personnes sous tutelle.

Quels sont vos objectifs aujourd’hui ?
Les deux activités BtoB vont peser pour 80% de l’activité et le BtoC pour 20%. Il est néanmoins important de conserver ce pôle, car il fait la richesse de Morning, et il nous permet de rester en contact avec nos clients pour développer les produits et les usages de demain. Je n’oppose pas le BtoB et le BtoC, l’un permet de réaliser du volume et l’autre de rester au contact du marché. Nous entendons recruter une centaine de milliers de clients d’ici fin 2018 pour nos comptes particulier.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Frédéric Senan, directeur général de la banque Edel. Crédits : DR