ToulÉco

Publié le mercredi 20 novembre 2019 à 19h00min par Johanna Decorse

Municipales. Le bouclier végétal, l’arme de Nadia Pellefigue pour Toulouse

Nadia Pellefigue, la candidate PS-PRG-PC qui veut faire du prochain mandat celui de « la bascule écologique », veut réduire de 50% des gaz à effet de serre d’ici 2030 dans la métropole toulousaine. Son arme fatale est « le bouclier végétal » et la « débitumisation ».

Si elle emporte le Capitole, son prochain objectif sera de réduire de 50% des gaz à effet de serre d’ici 2030 dans la métropole toulousaine. En écho au maire sortant Jean-Luc Moudenc qui a promis la plantation de 100.000 arbres pour répondre aux enjeux de l’urgence climatique, Nadia Pellefigue a dégainé son « bouclier végétal ».

« Il faut augmenter la capacité de séquestration du CO2 en travaillant sur la végétalisation. L’action de la majorité actuelle n’est pas au niveau. Le budget des espaces verts a diminué de 25% sur le mandat et Toulouse est loin derrière d’autres villes françaises avec 28 m2 d’espaces verts par habitant contre 48 m2 en moyenne en France », a-t-elle déclaré lors de la présentation de son projet.

Au-delà de la piétonnisation et de la promesse de réduire la place de la voiture en ville pour agir sur les émissions, Nadia Pellefigue défend « une végétalisation d’ampleur » des espaces publics mais aussi des axes routiers en utilisant l’existant comme les murs anti-bruit du périphérique. « Ils représentent la surface de trente-et-un terrains de rugby, soit plus de vingt-et-un hectares. Leur végétalisation aurait un effet immédiat sur la pollution atmosphérique », assure Kévin Louis, chercheur en chimie du végétal qui conseille la candidate.

« Débitumiser » l’espace public

Le projet passe également par une « débitumisation » de grandes places publiques, des cours d’écoles ou encore de 15.000 places de stationnement, la multiplication par trois des jardins partagés (au nombre de dix-sept actuellement), le développement de l’agriculture urbaine et la récupération des eaux pluviales pour irriguer le fameux bouclier. Mais tout reste à chiffrer.

« Nous planterons aussi des arbres en grand nombre mais cela ne suffit pas. Il faut arrêter l’artificialisation des sols et déminéraliser pour améliorer leur perméabilité, avoir des convictions et pas seulement faire des opérations de com’. Notre projet apporterait un bénéfice énorme pour un coût faible, bien moins important que les 600.000 euros consacrés à la plantation des vingt-neuf magnolias de la rue d’Alsace-Lorraine », ironise Nadia Pellefigue.

Inspirée par les exemples de Mexico pour les murs anti-bruits, Copenhague, Paris et Nantes pour les forêts urbaines, New York pour les « permis de végétaliser » délivrés aux particuliers, la candidate et son équipe veulent aussi faire de Toulouse « un terrain d’expérimentation » en transformant les serres municipales en « laboratoire de la végétalisation urbaine ». Nadia Pellefigue propose également d’intégrer dans le cahier des charges des promoteurs des « contraintes fortes » comme un minimum de 30% de surface végétale en pleine terre pour chaque nouvelle construction.
Johanna Decorse

Sur la photo : Nadia Pellefigue veut faire de Toulouse « un laboratoire de la végétalisation urbaine ». Crédits : Valentine Chapuy - ToulÉco.