ToulÉco

Publié le mardi 14 janvier 2020 à 18h08min par Paul Périé

Municipales à Toulouse : Franck Biasotto, une épine dans le pied pour la droite

Tête de liste de Toulouse Belle et Forte, l’adjoint au maire de Toulouse, qui a abandonné sa délégation sans quitter son mandat, est accompagné de plusieurs élus de la majorité actuelle. Il veut incarner le centre et marquer sa différence avec le maire Jean-Luc Moudenc.

Si la gauche se présente divisée avec trois listes dans la course au Capitole, la candidature de Franck Biasotto, soutenu par le Modem, illustre les points de désaccords et les tensions qui existent dans la majorité actuelle. La tête de liste de Toulouse Belle et Forte se défend de mener un projet de revanchards anti-Moudenc, mais il rassemble derrière lui six élus municipaux sortants comme Marthe Marti (Modem), Sylvie Rouillon-Valdiguié (LREM), Jacqueline Winnepenninckx-Kieser (Modem) et Jean-Luc Lagleize, par ailleurs député Modem de Haute-Garonne.

Ceux-ci regrettent le fonctionnement de l’équipe sous les ordres du maire sortant. « Certaines mesures étaient décidées et imposées par quelques-uns », souligne Franck Biasotto. De son côté, Marthe Marti rappelle que « Jean-Luc Moudenc mettait en avant une majorité plurielle. Au final, c’est LR qui dirigeait la ville. » Face à ce qu’ils perçoivent comme une droitisation, plusieurs élus avaient déjà créé des groupes au sein du conseil municipal (Alliance Majorité Présidentielle et Alliance Majorité Toulouse). Aujourd’hui, ils veulent se faire entendre.

Des désaccords profonds avec Jean-Luc Moudenc

Parmi les points de désaccords plus politiques, Franck Biasotto a assuré qu’en cas de victoire, le maire de Toulouse ne serait pas le président de Toulouse Métropole. « Toulouse mérite un maire à plein temps », insiste-t-il. Il précise aussi, « alors que Jean-Luc Moudenc présente sa candidature comme un référendum sur la troisième ligne du métro », qu’il est également favorable à ce projet. Il souhaite cependant voir le tracé passer par l’aéroport, « ce qui est essentiel en termes d’attractivité » et estime qu’il ne faut pas mentir aux Toulousains en annonçant une mise en service en 2025 alors que cela pourra se faire « en 2028, en raison notamment des études environnementales repoussées après les municipales ».

Alors qu’il avait choisi le Café Baggio pour présenter trente de ses colistiers, mercredi 8 janvier, la tête de liste de Toulouse Belle et Forte n’a pas hésité à adresser un petit tacle à un de ses anciens collègues de la majorité. Il a en effet salué la démarche de Julien Roumagnac, propriétaire du café-restaurant, dans sa procédure pour corruption contre Frédéric Brasiles. De quoi marquer un peu plus la rupture avec l’équipe Moudenc. Un des premiers à avoir rejoint En Marche en 2016, Franck Biasotto attend par ailleurs son exclusion dans les jours qui viennent, comme ses colistiers LREM, puisque le parti présidentiel a apporté son soutien au maire sortant.
Paul Périé

Sur la photo : Franck Biasotto. Crédits DR