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Publié le mercredi 23 mai 2018 à 18h37min par Audrey Sommazi

La recette de Nataïs pour faire éclater son popcorn en Chine

Dans le cadre des « rencontres du Gouvernement » le ministre de l’Economie et des Finances a visité le site de production de Nataïs, dans le Gers. En 2018, le spécialiste du popcorn à éclater envisage d’exporter ses recettes hors de l’Europe.

Gagnant-gagnant. Un an jour pour jour après la nomination du gouvernement, chaque ministre s’était rendu récemment dans un département pour défendre son bilan. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a fait un saut au pas de charge dans l’entreprise Nataïs, à Bézéril dans le Gers. Il s’est appuyé sur le « développement industriel réussi » du leader du popcorn en Europe pour faire passer des messages au monde agricole.
« Face au désarroi et aux difficultés des paysans, il faut réinventer l’agriculture de pointe qui dégage de la valeur et qui s’inscrit dans une vraie filière. C’est exactement ce que vous faites avec votre entreprise », a présenté le patron de Bercy.

De son côté, Mickaël Ehmann a profité de cette visite ministérielle pour évoquer le « dossier chinois », espérant un coup de pouce étatique. Car, explique le président-fondateur, qui mise sur une percée en Asie, y compris en Corée du Sud et en Malaisie, « nous sommes bloqués par les autorités chinoises pour exporter. Mais des discussions sont en cours ».

Autre point abordé : le programme d’agriculture durable baptisé « Naturellement popcorn » qui repose sur des techniques innovantes d’entretien du sol, comme la mise en place d’un couvert végétal entre les rangs de maïs qui protège la fertilité du sol, tout en stockant du carbone dans le sol. « Nous cherchons des appuis financiers pour ce projet pilote », ajoute Mickaël Ehmann. Ce dernier indique que 40% des maïsiculteurs sur les 240 qui collaborent avec Nataïs ont entrepris cette transformation. Chiffre insuffisant, d’autant que comme le rappelle le patron de cette PME, des primes sont accordées aux agriculteurs. « Message reçu », répond le ministre, sans faire de commentaires.

Augmentation de la capacité de stockage

Pour être toujours plus compétitif sur un marché de niche, Nataïs injecte trois millions d’euros en 2018 pour augmenter de 12.000 tonnes sa capacité de stockage de maïs à éclater. « Nous avons pris des parts de marché sur nos concurrents, les Hongrois et Thèques pour le pop-corn micro-ondable, les États-Unis et l’Argentine pour le vrac ».

Si la French Touch est l’une des raisons de cette réussite, Jérôme Réthoré, directeur général, avance d’autres arguments : une filière intégrée et une croissance maîtrisée de la production et de la masse salariale. Equipée de cinq lignes de production automatisées, l’usine fonctionne en continue pour écouler 45.000 tonnes de maïs par an ( +7%) tandis que l’effectif se stabilise à 130 personnes. En 2017, le chiffre d’affaires s’établit à 47 millions d’euros.
Audrey Sommazi

Sur les photos :
En haut : Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, entouré à sa gauche de Mickaël Ehmann le fondateur, et à sa droite de Jérôme Réthoré, directeur général, à Bézéril, le jeudi 17 mai.
En bas : Nataïs cultive six variétés de maïs à éclater. Crédit Photos Rémy Gabalda -ToulÉco