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Publié le jeudi 14 juin 2018 à 21h15min par Isabelle Meijers

Nexteam Group lève 114 millions d’euros pour cibler Boeing

Devenir fournisseur de Boeing et gagner en taille critique. Le sous-traitant de rang 1 d’Airbus, Nexteam Group, vient de réaliser une levée de 114 millions d’euros pour atteindre ces deux objectifs.

Nexteam Group est le premier fournisseur de pièces élémentaires en métaux durs d’Airbus, auprès duquel il réalise 50% de son chiffre d’affaires établi à 150 millions d’euros en 2017. Un savoir-faire en or pour approcher Boeing ou son sous-traitant assembleur Spirit et ainsi diversifier le portefeuille clients du groupe. La levée de 114 millions d’euros réalisée le 25 mai dernier auprès du fonds d’investissement français Tikehau Capital, qui devient actionnaire minoritaire de Nexteam, va précisément servir à réduire la dépendance du fournisseur au constructeur européen et gagner en taille critique. Une stratégie de consolidation approuvée par le donneur d’ordres principal de Nexteam, Airbus, qui cherche à s’appuyer sur une supply chain forte.

Acquisition aux Etats-Unis

« Nous souhaitons être plus structurés pour fournir les programmes avions monocouloirs en 2023, aussi bien du côté d’Airbus avec l’A320 que de celui de Boeing et son 737. Or la croissance organique ne suffira pas. Nous allons donc procéder à des acquisitions de sociétés françaises saines, complémentaires de notre activité en matière d’usinage et d’assemblage de pièces métalliques ou en aluminium. Et nous cherchons également une porte d’entrée sur le continent nord-américain par rachat pour pouvoir travailler avec Boeing. Enfin, nous voulons nous positionner sur le programme Leap du motoriste CFM », explique Frédéric Gentilin, vice-président de Nexteam Group. Le fournisseur de rang 1 d’Airbus et de Safran, présent à la fois dans l’aéronautique, le spatial et la défense, prévoit ainsi d’atteindre 500 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2022.

Des investissements pour consolider l’outil de travail

Nexteam Group est issu de la fusion en 2015 des entreprises familiales Asquini (47), Gentilin (31), Sofop (12) et MP Sud (64). La naissance d’un acteur majeur de mécanique de précision qui emploie 900 collaborateurs, dont 130 à Toulouse, et dispose de huit sites (six en France, un en Pologne de soixante personnes et un en Roumanie de 150 salariés). « Nous avons fait un bon travail d’intégration de toutes les entités du groupe. Nous devrons poursuivre cette dynamique avec nos nouvelles acquisitions », souligne Frédéric Gentilin.

D’ores et déjà, en soutien de l’ensemble du groupe, une plateforme logistique de réception et de découpe du métal brut, représentant 4 millions d’euros d’investissement, ouvrira en janvier 2019 sur le site de Gentilin à Launaguet. Même effort de rationalisation des activités avec la création d’une unité de traitement de surface à Marmande pour 5 millions d’euros dès début 2019, qui assurera 20% des besoins du fournisseur. Avec cette dernière levée de fonds conséquente, Nexteam confirme son statut d’ETI française prête à partir à l’assaut de marchés internationaux.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Frédéric Gentilin, vice-president de Nexteam Group, prévoit un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros en 2022. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.