ToulÉco

Publié le dimanche 2 juin 2019 à 17h59min par Nathalie Sanselme

Nicolas Bouzou : pour le volontarisme économique en Europe

Devant les membres et invités du cercle Mozart réunis au château Puech Haut à Saint-Drézery, l’économiste libéral Nicolas Bouzou a livré une analyse optimiste de l’avenir de l’Europe. A condition toutefois de ne pas rater le coche de « la troisième révolution industrielle »…

Nicolas Bouzou était l’invité le 16 mai dernier du Cercle Mozart, le think thank montpellérain nouvellement présidé par Jean-Marc Maillot. L’occasion de livrer à un parterre de décideurs locaux sa vision du devenir de l’Europe et d’exhorter à ne pas céder au pessimisme ambiant. « Avec du volontarisme, l’ère nouvelle peut être celle du progrès », a-t-il annoncé. Et l’économiste de rappeler que « l’Europe est en avance dans bien des domaines », sur le plan social, sociétal, des libertés de parole, de religion, du développement durable …

Pour un Airbus des batteries

S’il y a donc bien, selon lui, « une civilisation européenne », elle est cependant menacée par son retard économique et technologique, avec le risque « de perdre la capacité d’influencer le monde et ainsi nos valeurs ». Le déclin est donc « possible, mais si l’on comprend ses enjeux, il n’arrivera pas en Europe », a estimé l’économiste, enjoignant l’Europe à « ne pas entrer dans le XXIe siècle où l’économie est dominée par les sino-américains, avec les outils du XXe siècle ». Nicolas Bouzou cite l’exemple de l’automobile pour réclamer une politique industrielle volontariste : « Je suis pour un Airbus des batteries ».

Troisième révolution industrielle

Selon Nicolas Bouzou, l’intelligence artificielle amène « une économie de la troisième révolution industrielle » : très capitalistique, oligopolistique et beaucoup plus véloce en rythme d’innovations dans « une société de l’infidélité dans le domaine économique comme dans la vie privée ». Et de plaider pour un allègement de la taxation du capital, une politique publique européenne « capable d’attirer des capitaux pour des investissements colossaux », un assouplissement du droit à la concurrence et le développement des métiers de demain, « qui articuleront la tête, le cœur et la main. Si on y arrive, l’Europe sera le continent du progrès », conclut le chercheur.
Nathalie Sanselme

Sur la photo : De gauche à droite, Michel Fromont, ancien président du cercle Mozart et actuellement Président d’honneur, l’économiste Nicolas Bouzou et Jean-Marc Maillot, Président du cercle Mozart. Crédits : DR.