ToulÉco

Publié le lundi 3 septembre 2018 à 19h00min par Philippe Font

Olivier Rondolotto : « Nous réfléchissons à installer Centrakor ailleurs en Europe »

Article diffusé le 28 mars 2018

En douze ans, l’enseigne toulousaine Centrakor est devenue un des poids-lourds du discount de la décoration en France. Pour son PDG, Olivier Rondolotto, cette réussite s’explique par un contexte favorable, mais aussi par la capacité de son groupe à saisir des opportunités.

En 2004, vous rachetez Centrakor, une société en difficulté. Aujourd’hui c’est la deuxième enseigne derrière Gifi avec 700 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Au delà du travail fourni, je pense que nous nous sommes trouvés au bon moment et au bon endroit. En 2004, Centrakor était une centrale de référencement qui battait de l’aile, nous n’avions qu’une quarantaine de magasins adhérents et un seul magasin en propre. Mais il y avait du potentiel : ce n’est pas parce qu’il y a deux mastodontes, Gifi et Lafoir’fouille, qu’il n’y a pas la place pour un troisième acteur ou un quatrième même. À partir de 2006, nous avons fait de la croissance externe en rachetant des magasins, et aujourd’hui, nous comptons 360 enseignes dont soixante en propre. Nous avons crée une enseigne nationale. L’autre élément est que nous sommes arrivés au moment de l’émergence des émissions de téléréalité sur la cuisine ou la décoration qui donnent envie au consommateur de faire évoluer les choses dans son intérieur. Nous lui proposons des produits qui correspondent à ses attentes.

Votre modèle repose à la fois sur des magasins gérés par des adhérents et d’autres en propre. Est ce que cette stratégie va évoluer ?
C’est la même stratégie depuis 2004 et elle ne changera pas. Notre réussite est d’écouter nos adhérents. J’ai en face de moi 150 chefs d’entreprises et de PME qui se lèvent tous les matins pour leur magasin, avec une idée ou une réflexion. La réussite est de les écouter. C’est un cercle vertueux : quand on regarde le Top 3 ou 4 dans la grande distribution, on retrouve des magasins indépendants sous forme de coopératives ou d’association.

Après le déploiement en France, pensez-vous vous implanter dans d’autres pays ?
Pour évoluer, on doit y penser dès maintenant. On s’intéresse à la Belgique, à la Suisse… Des gens nous ont contacté pour ouvrir des magasins, mais on regarde aussi l’Italie et l’Espagne. Je préférerais réaliser l’opération en succursale (en nom propre, NDLR) afin de valider les modèles car actuellement je n’ai pas de certitudes : je ne sais pas si le modèle Centrakor va marcher aussi bien en Suisse, en Belgique, en Italie ou en Espagne. Le public est différent et les goûts ne sont pas identiques.

Est ce qu’ouvrir des magasins en centre-ville fait partie de votre stratégie ?
C’est inéluctable, mais j’attends l’opportunité. S’installer en centre-ville c’est trouver un emplacement comme Midica ou Trentotto à Toulouse, pas dans une galerie commerciale. Il y a quelques mois, j’ai visité des locaux à Compans-Caffarelli, mais je n’ai pas souhaité y aller. Nous devons veiller à nos investissements et il n’y a jamais rien qui a fonctionné à Compans-Caffarelli ! Nos magasins vendent du mobilier, des salons de jardins, ça reste compliqué en terme d’accès et de livraison dès que c’est dans le centre-ville. Ou alors il faut vendre des petits produits, mais c’est un modèle différent qui n’est pas encore validé.

Comment voyez-vous le groupe Centrakor dans cinq ans ?
Le secteur évolue très vite, nous devons rester vigilants notamment face à la demande sur le Web, sur les réseaux sociaux, les blogs… C’est pour cela que nous sommes en veille constante, avec notamment une équipe de quatre ou cinq personnes qui travaille à plein temps sur ce domaine. Si aujourd’hui nous sommes très peu sur le Web, nous cherchons une méthode en faisant attention à ne pas concurrencer nos magasins sur le terrain. Notre clientèle de demain a vingt ans aujourd’hui, et elle ne consomme pas comme nos clients actuels.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Olivier Rondolotto, PDG de Centrakor. Crédits : DR