ToulÉco

Publié le mercredi 6 février 2019 à 18h43min par Philippe Font

Nouvelle ligne de métro : la Chambre des comptes pointe des incohérences dans le projet toulousain

Dépassement de budget, cohérence du projet dans la métropole toulousaine… Dans un rapport publié lundi 4 février, la Chambre régionale des comptes Occitanie émet des réserves sur le projet qui doit voir le jour en 2025.

C’est le rapport qui fait réagir dans les couloirs de Toulouse Métropole et de Tisséo. Publié lundi 4 février, le document de la Chambre régionale des comptes Occitanie porte sur la gestion de Tisséo Collectivités (ex SMTC, Syndicat mixte de transports en commun). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’instance régionale de la Cour des comptes « égratigne » la politique de transports de Tisséo. Sur la troisième ligne de métro qui devrait voir le jour en 2025, « le bras armé du nouveau PDU » selon André Pezziardi le président de la chambre régionale des comptes, les juges de l’instance considèrent que le choix s’est fait « sans comparaison. Pourquoi ne pas redonner vie à l’étoile ferrée ? », s’interroge-t-on à la Chambre régionale.

L’autre volet pointé par les juges concerne le financement du projet : évalué au départ à 1,7 milliard d’euros, le projet est maintenant chiffré à 2,3 milliards (sur les 4,2 milliards que va coûter le PDU d’ici 2030). Une estimation qui « n’a pu être finalisée faute d’achèvement des études techniques préalables » selon la chambre régionale qui rappelle que ce projet aura des conséquences sur l’équilibre financier au cours des vingt-cinq prochaines années.

500.000 déplacements supplémentaires

Un argument retoqué par le président de Tisséo, Jean-Michel Lattes. Si ce dernier prend en considération les observations de la Chambre, il précise que « la participation de l’État et de l’Europe ne sont pas encore connues » et que le projet n’est plus le même. « Les observations de la Chambre portent sur le premier projet de 2015 qui reliait Montaudran à Saint-Martin-du-Touch. Aujourd’hui, il est prolongé de Colomiers à Labège d’où l’augmentation de son coût à 2,7 milliards d’euros ». Un des autres aspects relevés par la Chambre régionale concerne la fréquentation des transports en commun avec la mise en service de la troisième ligne qui devrait générer un gain de 500.000 déplacements par jour.

« Alors que le nouvel équipement devrait afficher 200.000 déplacements par jour, les 300.000 autres se feront d’une autre manière, bus ou voiture notamment, ce qui provoquera des désagréments ». Un argument encore battu en brèche par Tisséo. « Les transports collectifs ne captent que 20% des usagers, les 300.000 autres déplacements se feront naturellement avec les autres modes de déplacements que sont le bus, le vélo ou la voiture ».
Le chantier de la troisième ligne n’a pas encore débuté qu’il alimente déjà le débat.
Philippe Font

Sur la photo : La troisième ligne de métro devrait être inaugurée en 2025. Crédits : DR

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