ToulÉco

Publié le lundi 23 octobre 2017 à 19h54min par Audrey Sommazi

Depuis Toulouse, Nowave défend le cinéma de genre sur Internet

Nowave fait partie de ces start-up toulousaines branchées sur l’innovation. Avec à sa tête Bérangère Destarac, la jeune pousse hebergée chez Ekito propose une plateforme de vidéos à la demande par abonnement dédiée aux films rares.

Avec ses cheveux noirs coupés au carré et sa lourde frange lui tombant sur les yeux, Bérengère Dastarac a des airs d’Uma Thurman dans Pulp Fiction. La ressemblance s’arrête là. Car si l’actrice aime les lumières et les caméras, la créatrice de la start-up Nowave, une plateforme de vidéos à la demande par abonnement dédiée aux films rares, préfère l’ombre des écrans noirs.

Elle se plie pourtant au jeu de la séance photo. Mal à l’aise, elle patiente en parlant, s’enflammant sur le film hongrois qu’elle vient de regarder : l’histoire d’un homme qui tombe « enceint », une mise en scène réussie, un scénario hilarant, selon elle.
Après des années dans la création publicitaire, cette cinéphile autodidacte quitte Paris pour l’Égypte et devient productrice de documentaires et d’un premier long-métrage, tourné sur la place Tahrir au moment du Printemps arabe. Winter of Discontent a été sélectionné au 69e festival de Venise en 2012.

Campagne de crowdfunding

« Les médias ont peu parlé de l’après-révolution en Égypte et pourtant c’était une période très compliquée et super violente. Je suis alors rentrée en France, et à Toulouse, ville recommandée par mes amis », raconte-t-elle. Avec dans ses valises, le projet Nowave. « J’ai constaté que beaucoup de bons films, qui n’étaient pas grand public mais exigeants, n’avaient pas ou peu de visibilité dans les festivals de cinéma car ils n’étaient pas assez show-business. Il y avait donc un espace de diffusion en ligne à créer afin de mettre en avant les exceptions culturelles, la diversité, les films de pays à capacité de production fragile, les films portés par des réalisatrices », explique-t-elle. Elle rencontre par hasard Benjamin Böhle-Roitelet, fondateur d’Ekito, l’accélérateur privé de start-up, qui lui donne un sérieux coup de main. Séduit par le projet, il devient cofondateur de la structure et l’héberge dans ses locaux, rue Gabriel-Péri.

Depuis janvier dernier en français et anglais, Nowave a diffusé une soixantaine de longs et courts-métrages fictions et documentaires jamais diffusés, visibles au prix d’un abonnement mensuel de 7,99 euros par mois. Un tarif qui sera revu à la baisse -moins de 5 euros- pour capter les jeunes qui boudent les salles d’art et d’essai.
Soutenu par la bourse French Tech et le Centre national du cinéma, Nowave enregistre déjà 350 abonnements. Insuffisant pour la start-up qui manque de fonds pour aller plus loin. Car Bérengère Dastarac envisage d’enrichir le catalogue avec 150 films à la fin de l’année et de compléter la plateforme de services supplémentaires (forum de discussion et partage d’un film gratuitement pendant 24h). Elle a lancé cet été une campagne de financement participatif sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank afin de réunir 15.000 euros.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Bérengère Dastarac, créatrice du site VOD Nowave. Créits : Hélène Ressayres - ToulÉco.