ToulÉco

Publié le mercredi 27 septembre 2017 à 10h58min par Nathalie Sanselme

Ô de Mila : la bière 100% made in Occitanie

Fabriquée à Castelnaudary (Aude), la bière Ô de Mila fait appel à des ingrédients mêlant des l’orge et le sorgho ingrédients d’Occitanie et d’Afrique. La bière Ô de Mila, vendue dans le sud de la France et née de la rencontre entre un agronome du Rwanda et un responsable d’Arterris, pourrait être bientôt exportée en (...)

Elle a un bon goût de bière avec son attaque un peu amère, puis glisse dans une belle longueur en bouche vers une douceur certaine, aux accents de lait et de beurre. L’Ô de Mila n’est pas une bière comme les autres, pas plus que ne l’est l’histoire qui a réuni en 2014 Michel Rubayiza et Guillaume Duboin. Quelques années plus tôt, Michel, ingénieur agronome, a fui le Rwanda avec l’idée de pouvoir contribuer au développement de la bière de sorgho, répandue dans toute l’Afrique noire.

Celle-ci voit son développement entravé par des problèmes liés au conditionnement et à la conservation. Pendant sa thèse, il a l’idée d’ajouter au sorgho de la patate douce, seul tubercule aux propriétés identiques à l’orge. En France, sorgho comme patate douce sont surtout produits en Occitanie, essentiellement dans le Lauragais pour l’un, dans le Roussillon pour l’autre. Pendant sa thèse, il entre en relation avec la coopérative Semences de Provence (reprise plus tard par Arterris) afin de mettre au point un procédé de fabrication d’une bière sans orge, donc sans gluten, à base des deux tubercules.

Objectif 10.000 bouteilles

De là naît une amitié avec le DGA d’Arterris, qui rejoint le projet Soma lors de son départ en retraite. La production démarre sur de petits volumes de un à trois litres. Les deux acolytes affinent ensuite leur procédé sur des quantités supérieures, de cinq à quinze litres, puis, après la rencontre avec Les brasseurs de la Cité à Carcassonne, passent en pré-industrialisation (500 litres par opération). Un partenariat précieux, tant le brassage et le conditionnement de leur bière au sorgho doivent éliminer toute trace d’orge dans le produit. Soma doit notamment réaliser ellemême le maltage et la préparation de la patate douce. Entrée en début de commercialisation cette année, avec déjà une cinquantaine de clients (distributeurs, grossistes), l’Ô de Mila porte sa production à 2000 litres par opération, grâce à un partenariat passé avec Cap Dona, un brasseur catalan.

La prochaine étape devrait la voir fin 2018 investir dans le maltage, dont les besoins augmentent avec les quantités produites, puis dans le brassage vers 2020. Le cap de la 10.000e bouteille produite tout juste franchi, Soma s’apprête à lancer une bière blanche. En ne perdant pas sans doute de vue, « une fois la production parfaitement maîtrisée », de favoriser un jour l’application de son procédé en Afrique : « Ce que l’on fait ici peut être fait par des brasseries africaines existantes ou das des unités à construire », rappelle Michel Rubayiza.
Nathalie Sanselme

Sur la photo : La bière Ô de Mila mélange le sorgho d’Afrique et l’orge du Lauragais. Crédits : Hélène Ressayres – ToulÉco.