ToulÉco

Publié le mardi 12 février 2019 à 20h39min par Audrey Sommazi

En Occitanie, ces coups de pouce qui dopent le pouvoir d’achat

En plein mouvement des gilets jaunes qui réclament une hausse du pouvoir d’achat et une démocratie participative, certaines collectivités et entreprises toulousaines ont décidé d’agir.

D’un côté, il y a le Grand débat national lancé par le gouvernement pour venir à bout du mouvement des gilets jaunes qui manifestent depuis le 17 novembre sur les routes et Les ronds-points. De l’autre, il y a des initiatives menées pour que la démocratie participative, l’une des revendications de cette colère, ne soit plus un vain mot, ni un concept balbutiant.

La commune de L’Union dans la banlieue de Toulouse veut montrer l’exemple. Quinze citoyens, tirés au sort en janvier dernier sur une quarantaine de candidatures, gèrent 10% du budget de la voirie, qui s’élève à 800.000 euros. Ces habitants assistent aux réunions aux côtés des techniciens de Toulouse Métropole, des agents de la police municipale et d’un élu en charge de l’animation des séances. Et ils décident des aménagements des rues en zone 30, de la réfection des trottoirs et des ralentisseurs… « Ils ont un pouvoir délibératif. C’est eux qui décident car ils sont aux manettes », insiste le maire Marc Péré (sans étiquette). Lancée cette année à titre expérimental, cette initiative devrait se poursuivre et s’étendre à d’autres commissions, espère l’élu.

Au nord de Toulouse, la ville de Fenouillet apporte sa contribution à l’amélioration du pouvoir d’achat : elle offre un bon d’achat de 50 euros à 2300 familles de la commune, à dépenser dans une grande surface. Cette aide solidaire, attribuée sans aucun critère, sera versée au premier trimestre 2019. « Elle est un coup de pouce aux familles les plus modestes », indique-t-on dans l’entourage du maire Gilles Broquère, « et elle est aussi un signal fort. Cette aide prouve qu’on ne cache pas le problème de la paupérisation des classes moyennes et des familles précaires ».

Prime exceptionnelle : les entreprises s’y mettent

PME et grands comptes font également un geste pour améliorer le pouvoir d’achat de leurs équipes. Après Total, SNCF, Orange ou encore LVMH, c’est au tour d’Airbus de répondre favorablement à la demande du Président de la République. Le constructeur aéronautique verse ce mois-ci une prime exceptionnelle, dite « prime Macron », aux salariés français les moins bien payés du groupe, y compris ceux d’Airbus Defence & Space, d’Airbus Helicopters et de sa filiale Stelia.

Cette prime, exemptée de cotisations sociales et d’impôts, varie entre 300 euros à 800 euros et concerne 55% de l’effectif de l’avionneur en CDI, CDD, en stage ou encore en apprentissage. Pour la percevoir, une condition doit être remplie : la rémunération mensuelle brute en 2018 doit être inférieure à 4500 euros en équivalent temps plein. Autre secteur : en mars prochain, les employés de la clinique du Pont de Chaume, située à Montauban, verront leur bulletin de salaire réévaluée de 200 euros. Sont concernés 90% des 500 salariés de cet établissement, dont la rémunération annuelle est inférieure à 36.000 euros bruts.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les caisses du magasin Biocoop à Toulouse - Photo d’illustration. Crédits : Hélène Ressayres- ToulÉco