ToulÉco

Publié le dimanche 16 avril 2017 à 19h00min par Martin Venzal

Occitanie. « Il nous faut une CCI connectée avec tous les acteurs du territoire »

article difffusé le 25 janvier 2017

Élu à l’unanimité président de la nouvelle chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie, Alain Di Crescenzo veut transformer l’autorité consulaire afin de lui donner l’agilité nécessaire à la poursuite de ses missions. Pour cela, il compte notamment sur les nouvelles technologies.

Alain Di Crescenzo, vous arrivez à la tête de la chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie. Elle pèse treize CCI départementales réparties sur 72 sites pour 240.000 ressortissants. Quel est le pari ?
Il est double, à la fois interne et externe. En interne, il s’agit d’organiser qui fait quoi. Avec un challenge : nous devons pouvoir proposer un socle commun de prestations identiques en tout lieu et tout point du territoire d’Occitanie. Il faut donc définir ce socle. Tout ceci doit être réglé avant le printemps. Nous supprimons aussi les commissions et nous mettons en place des défis. A la tête de chaque défi, nous aurons des coordinateurs qui seront des élus et des présidents des CCI départementales : ce sont eux qui vont y travailler.
Le deuxième challenge, c’est la réorganisation du réseau. Et pour cela, il nous faut une CCI connectée. Nous devons évoluer pour être plus présents, et plus en réseau avec nos ressortissants, nos missions et les institutions qui nous entourent.

Quelle méthode allez-vous appliquer ?
Nous devons travailler avec les acteurs politiques. Avec le conseil régional, car c’est mon binôme en matière de compétence économique ; et avec notre tutelle, l’État, à travers un contrat d’objectifs et de moyens étendu. Et enfin, nous devons être connectés avec l’écosystème économique : les syndicats patronaux, les syndicats professionnels et les clusters. Il ne faut pas que l’on se marche sur les pieds et que tout le monde agisse de concert. Pour les associer, le monde patronal sera présent à l’assemblée par le biais de mandats de conseillers techniques es qualité. Ce sera l’occasion de travailler avec les présidents régionaux de la CPME, du Medef, de la chambre d’agriculture, ou encore des métiers et de l’artisanat…

La CCI doit être connectée certes, mais comment faire pour que les entrepreneurs eux-mêmes le soient ? Tous ne sont pas au fait des nouvelles technologies…

Il est clair qu’avec 240.000 entreprises, on ne peut pas communiquer qu’avec du papier. C’est trop cher, trop décalé dans le temps. Et c’est là que le mot connecté prend tout son sens. Nous lançons de nouveaux projets de communication comme « Vox Occitanie ». Aussi, au niveau du fonctionnement, nous lançons un grand projet de numérisation des CCI. Nous avons une équipe de 1350 emplois en équivalent temps plein. Avoir un accompagnement physique grâce à autant de personnes, c’est inestimable. J’ajoute que cette numérisation va de pair avec le projet CCI Store qui est une plateforme de services pour les entreprises pilotée en national avec CCI France. Et pour les entreprises, des espaces digitaux seront constitués à terme dans les CCI.

Au final, quel est votre projet stratégique pour la CCI ?

Nous travaillons à une CCI connectée aux éléments naturels : l’air (pour l’aéronautique et les aéroports), la mer (pour les ports et les produits) et enfin la terre (l’agroalimentaire, le tourisme, les infrastructures, etc.). Nous devons diffuser cette culture le plus largement possible, en portant des projets ensemble, et sans se mettre en compétition au sein du territoire.

Et l’argent dans tout ça ?
Le budget de la nouvelle CCI de région est d’environ 180 millions d’euros, contre 200 millions il y a trois ans. La loi NOTRe est passée par là et nous avons connu une baisse des dotations de l’État de 35%. Pour 2017, elles vont rester constantes, mais il faut s’attendre à ce que cela baisse de nouveau dans les années à venir. Toutes ces ponctions font que nous n’avons plus le choix, nous devons nous adapter. Et en même temps, je suis bien placé pour vous dire qu’une fusion cela crée de la valeur ajoutée et des économies (En tant que président de la société IGE+XAO, Alan Di Crescenzo a déjà géré plusieurs fusions acquisitions, NDLR).
La vision c’est d’avoir une seule organisation, et de faire des économies pour pouvoir redistribuer l’argent vers de nouveaux projets. A budget constant, on peut remodeler l’appui aux entreprises, mais oui, il faudra faire des choix.
Propos recueillis par Martin Venzal

Sur la photo : Alain di Crescenzo, le nouveau président de la CCI d’Occitanie. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco