ToulÉco

Publié le dimanche 8 octobre 2017 à 18h39min par Armelle Parion , Audrey Sommazi

Occitanie : le vin bio en quête d’un eldorado

Après l’embellie, la production de vin biologique en Occitanie affiche un ralentissement. La production ne suit pas la demande en hausse. Et en ligne de mire : la concurrence féroce des Italiens et Espagnols.

Le vin bio trinque-t-il à la santé du vin conventionnel ? Selon les derniers chiffres publiés par la région Occitanie, le vignoble bio occitan est le plus étendu en France : il concerne 9,6% du vignoble avec plus de 263.000 hectares de vigne.

Dans le détail, plus de 25.000 hectares sont certifiés ou en conversion bio (période de transition de la viticulture traditionnelle à la biologique) et 1500 vignerons sont engagés en bio en région, soit un tiers des vignerons bio français (selon les chiffres 2016 de l’interprofession). « Nous avons des atouts naturels régionaux que nous devons exploiter », estime Jean-Louis Cazaubon, vice-président en charge de l’Agroalimentaire et de la viticulture à la Région.

« Depuis 2005, le marché est très actif, en croissance de 15 à 20% tous les ans, grâce aux aides à la conversion et à la demande des consommateurs », reconnait Jacques Frelin, vice-président de l’association Sudvinbio, l’association interprofessionnelle qui regroupe entre 280 et 300 négociants et producteurs. Malgré cet engouement, il constate cependant un ralentissement du marché depuis 2014, et donc de la production.

Selon lui, les aides à la conversion « ne sont plus à la hauteur » de ce qu’elles étaient. Elles sont de l’ordre de 350 euros par hectare sur une période de cinq ans dans la limite de 15.000 euros par exploitation (montant payé par des fonds européens gérée par la Région). Tandis que la mesure d’aide au maintien (MAB), plafonnée à 5000 euros par an et par exploitant sortant d’une période de conversion, va être supprimée à partir de 2018. Le ministre de l’Agriculture a également annoncé en septembre que l’État allait se recentrer sur les aides à la conversion destinées à lancer les débutants du bio.

Levier de croissance

Des aides insuffisantes, martèle Jacques Frelin. Ce dernier constate également d’autres freins au développement du vin bio comme le manque de formation des techniciens. Enfin, « on se rend compte que la moyenne d’âge est plus âgée dans le vignoble. Ce qui ne pousse pas à la conversion ».

Gare à la pénurie de vin bio ? « Nous ne sommes pas encore là, mais d’ici deux ou trois ans, on risque d’être concurrencés par les vins italiens et espagnols, deux fois moins chers que les vins français ». Mais pas seulement. Il redoute aussi la baisse de qualité des vins bio pour répondre à la demande des consommateurs.

De son côté, Jean-Louis Cazaubon reconnait que les aides financières régionales sont limitées. Alors il préconise de « chercher l’argent ailleurs », à l’export comme en Chine et en Inde. « La Région aide au niveau de la promotion et de la communication pour valoriser le produit », notamment sous la bannière de la marque Sud de France présente dans des salons internationaux. « Nous avons un challenge à relever ».
Armelle Parion et Audrey Sommazi

Photo Hélène Ressayres Crédit-ToulÉco

Vins bio, vins naturels et biodynamie, quelles différences ?

Il faut trois ans pour convertir ses vignes à l’agriculture biologique. Le vin bio n’utilise aucun traitement de synthèse sur les vignes, ni fongicide, ni insecticide, ni désherbant. Les produits utilisés sont chimiques d’origine naturelle, tels le dioxyde de soufre et le sulfate de cuivre, avec des décoctions de plantes. Des substances comme les levures et bactéries lactiques, oxygène gazeux, colle de poisson sont autorisées. Depuis 2012, un cahier des charges officiel européen réglemente l’ensemble du processus de viticulture et de vinification (dosage en sulfites réduit) sur le vin biologique.

Le vin naturel n’est pas réglementé, ne répond à aucun cahier des charges et se caractérise par l’absence de sulfite. C’est un vin auquel pas (ou peu) d’intrants devraient être ajoutés lors de la vinification. Il peut être issu de vignes non traitées par des produits chimiques de synthèse. Il se caractérise par la recherche d’un goût originel, le respect de la nature, et l’opposition aux méthodes industrielles.

Un vin biodynamique est produit selon la philosophie qui considère que la plante, le sol et la terre sont un écosystème, dont il faut assurer l’équilibre en maximisant les échanges, pour renforcer la vitalité des plantes. Les intrants de synthèses sont interdits, le travail du sol à cheval et l’application des calendriers solaire et lunaire sont favorisés.