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Publié le lundi 22 octobre 2018 à 21h18min par Martin Venzal

Olivier Sichel : « La Banque des Territoires redonne du pouvoir à l’échelon local »

Olivier Sichel, Directeur Général Adjoint de la Caisse des Dépôts et Directeur de la Banque desTerritoires est à Toulouse ce mardi 23 octobre afin d’inaugurer la Banque des Territoires. Il explique le but de cette nouvelle organisation.

Olivier Sichel, pourquoi lancer une Banque des Territoires ?
C’est tout d’abord pour répondre aux remarques de nos clients : notaires, collectivités, bailleurs sociaux, etc. Pour eux, la Caisse des Dépôts avait trois problèmes : nous étions jugés comme trop parisiens. La Banque des Territoires correspond donc à une volonté de proximité, avec l’idée de redonner du pouvoir à l’échelon local. Nous devions aussi être plus simples dans notre organisation. Nous avons donc regroupé dans la Banque des Territoires plusieurs entités de la Caisse des dépôts sous l’autorité du directeur régional. Enfin, on nous reprochait de ne pas être assez rapide. Nous avons donc prévu de lancer une plate-forme digitale à l’occasion du prochain salon des maires (du 19 au 22 novembre, NDLR).

Quels sont les missions de cette Banque des Territoires ?
L’environnement de nos clients change profondément. La loi Elan vient impacter les organismes de logement social, la loi Macron a fait de même pour les notaires. Reste les collectivités locales avec de vastes interrogations sur le financement public. Notre mission, c’est de répondre à tout cela. Comment aider au financement dans un environnement de plus en plus complexe, et comment accompagner le développement de territoires plus attractifs et inclusifs ? Nous sommes présents partout sur le territoire national : en métropole, outre-mer, en milieu rural et secteur urbain… Et nous voulons aussi des territoires plus connectés et plus durables.

Justement, quels projets menez-vous en Occitanie ?
Nous y sommes très en pointe en ce qui concerne le financement des réseaux très haut débit. Notre force de frappe nationale est de 20 milliards d’euros par an, dont 18,5 milliards en prêts et 1,5 milliard en investissement par an. En Occitanie, nous avons apporté l’an dernier 1,3 milliard d’euros de financements pour les collectivités et bailleurs sociaux, et autant cette année. L’an dernier, nous avons aussi investi 40 millions d’euros, avec un effet levier de un pour huit. Cette année, nous investirons 50 à 60 millions d’euros avec un effet levier de un pour treize. Nous rattrapons le retard que nous avons pu avoir en Occitanie sur le très haut débit.

A quelle problématique êtes-vous confronté en Occitanie ?
Nous avons un besoin d’accompagnement des habitants. Ils sont 50.000 nouveaux arrivants chaque année. Bien sûr, nous finançons le logement social, mais nous avons un vrai souci d’équité des territoires. Et nous devons accompagner les cœurs de ville et les villes moyennes. En Occitanie, nous avons vingt-cinq villes moyennes, sur les 222 recensées au niveau national (cf.carte ci-dessous). Il faut les accompagner, d’où l’action Cœur de Ville que nous menons. Le 11 décembre prochain, au Futuroscope de Poitiers, nous aurons une première réunion de ces 222 élus de villes moyennes labellisées Action Coeur de Ville, pour les aider à trouver des stratégies communes notamment. Nous sommes au cœur de ces sujets-là. Nous sommes une banque d’intérêt général et nous devons investir dans l’ingénierie financière au service des communes.
Propos recueillis par M.V.

Sur la photo : Olivier Sichel, 51 ans, directeur général adjoint du groupe Caisse des Dépôts et directeur de la Banque des Territoires. Photo J.M. Pettina - Caisse des Dépôts.

P.S. :

Sur les 222 villes retenues au plan national, la région Occitanie compte vingt-cinq projets lauréats dont quinze pour la délégation de Toulouse de la Banque des Territoires : Foix et Pamiers en Ariège, Millau, Rodez et Villefranche de Rouergue en Aveyron, Revel en Haute-Garonne, Auch dans le Gers, Cahors et Figeac dans le Lot, Tarbes-Lourdes en Hautes-Pyrénées, Albi dans le Tarn et Montauban dans le Tarn-et-Garonne. Toutes les conventions ont été signées à ce jour, autorisant les premières mesures d’accompagnement en études et en prêts.