ToulÉco

Publié le lundi 11 juin 2018 à 21h24min par Philippe Font

A Toulouse, ces deux avocats ont pignon sur rue

Ouvrir une boutique donnant sur une rue passagère plutôt qu’un cabinet dans un immeuble cossu. C’est la volonté de deux avocats toulousains qui veulent démocratiser l’accès aux prestations des hommes et femmes en noir.

Une boutique qui tient lieu de cabinet. Dans le quartier Saint-Michel en face de la cour d’appel de Toulouse, une devanture originale a été inaugurée il y a quelques mois : Label Avocats. Créée par Sophie Mascaras et Bruno Binard - la première est spécialisée dans les dossiers relevant du tribunal de commerce, le second traite généralement ce qui se plaide devant le TGI, les affaires au civil et au pénal - Label Avocats veut démocratiser l’accès aux services d’un avocat.

« Nous nous adressons à toutes les personnes ayant un litige et qui n’osent pas solliciter un avocat car estimant que les frais d’honoraires sont trop élevés », explique Sophie Mascaras, avocate ayant débuté sa carrière en région parisienne avant de s’installer à Toulouse en 2010. Les deux avocats associés depuis octobre 2016 plaident pour une modernisation de leur profession, « aujourd’hui avec Internet et les réseaux sociaux, nous pouvons travailler de façon plus moderne », et avec une transparence dans les tarifs. « Le premier rendez-vous physique ou par téléphone de vingt minutes est gratuit, cela évite de prendre des honoraires s’il y a rien à faire dans le dossier », justifie Sophie Mascaras.

Actions du conseil de l’ordre pour fermer la boutique

Dans le cas où le particulier ou le professionnel décide de confier son dossier à un des deux avocats, une convention d’honoraires est alors signée. Elle stipule les frais qui seront demandés à l’issue de la procédure. Si la volonté des deux avocats est de « casser » les codes de leur profession, la démarche a été vue d’un mauvais œil du côté du conseil de l’Ordre des avocats qui a tenté plusieurs actions contre le cabinet toulousain. « On nous a reproché d’avoir affiche le mot « avocat » sur la vitrine ce qui pourrait prêter à confusion avec le conseil de l’ordre », explique encore Sophie Mascaras.

Contesté devant plusieurs juridictions, Label Avocats a vu la cour d’appel lui donner raison le 20 mars dernier. De son côté, Me Nathalie Dupont, bâtonnier de l’ordre des avocats n’a pas souhaité « apporter une réaction à ce dossier compte tenu de la procédure toujours pendante ». Les deux avocats, qui refusent néanmoins de communiquer sur leur chiffre d’affaires (« on traite 200 dossier par an » précise tout juste Sophie Mascaras), peuvent donc conserver leur devanture.

« Désormais notre objectif est de se développer sur le plan national en embauchant de nouveaux collaborateurs et en développant la plateforme web », ajoute l’avocate. Label Avocats, société d’exercice libéral par action simplifié (statut Selas, l’équivalent de la SAS), pourrait prendre exemple sur des agences parisiennes qui abritent sous le même toit des avocats, des experts-comptables ou des notaires. « A Toulouse ça viendra un jour… », estiment les deux dirigeants.
Philippe Font

Sur la photo : Sophie Mascaras et Bruno Binard les deux créateurs de Label Avocats. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.

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