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Publié le mercredi 5 juillet 2017 à 22h39min par Philippe Font

Privé de station de métro, l’aéroport Toulouse-Blagnac aura son Orlyval

L’aéroport Toulouse-Blagnac ne sera finalement pas desservi par la future troisième ligne de métro. A la place, c’est une navette de type « Orlyval » qui assurera la liaison entre le métro et l’aéroport. Moins couteuse, sa mise en place soulève tout de même des inquiétudes.

Prévue pour 2024, la troisième ligne de métro toulousain ne desservira pas l’aéroport Toulouse-Blagnac. Dévoilé lors du comité syndical Tisséo mercredi 5 juillet, le tracé de la TAE, la Toulouse Aerospace Express qui devrait relier Labège à Colomiers sur vingt-sept kilomètres passera bien sur la commune de Blagnac, où est situé l’aéroport. Mais elle ne comportera pas de station dédiée à la plate-forme aéroportuaire. Cette dernière est pourtant en pleine croissance, et a enregistré en 2016 l’afflux de 8 millions de passagers.

A la place, Tisseo va créer l’Aeroport Express, équivalent de la navette Orlyval qui circule entre Orly et Paris, qui reliera la troisième ligne de métro à l’aéroport Toulouse-Blagnac. Les passagers et les milliers de salariés qui travaillent sur la zone aéroportuaire seront donc obligés de descendre du métro et de monter dans la navette vers l’aéroport. Une « rupture de charge » qu’ont regretté Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, ainsi que Bernard Keller, le maire de Blagnac.

TAE, un projet à 2,3 milliards d’euros

« À l’heure où l’aéroport investit fortement pour devenir une porte d’entrée internationale aux plus hauts standards de qualité, l’absence de liaison directe avec la gare SNCF et les pôles économiques de Toulouse nous semble préjudiciable à l’attractivité du territoire », a indiqué Anne-Marie Idrac. Cette dernière estime également que « les problématiques d’accès terrestres du bassin d’emploi (90.000 sur la zone aéroportuaire, NDLR) nécessitaient un désenclavement direct par le métro ».

De son côté Bernard Keller a regretté la probable mise en place d’un tarif spécial pour cette navette. « Pourquoi appliquer une tarification spécifique à celui qui prend l’avion, alors que celui qui voyage en train paiera un ticket de métro ? », s’est interrogé le maire de Blagnac. Pour justifier ces choix, Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole a avancé une question de budget : l’option Aerospace Express coûte 45 millions d’euros contre 250 millions d’euros pour une liaison directe en métro vers l’aéroport.

« L’aéroport sera tout de même à vingt-quatre minutes de la gare Matabiau et la mise en place de l’Aerospace Express sur le tracé de la ligne de tramway T2 permettra d’améliorer le cadencement de la ligne T1 », a encore justifié Francis Grass, président de la Smat, la Société de la mobilité de l’agglomération toulousaine, en charge des grands chantiers. Initialement budgétisé à hauteur de 2,12 milliards d’euros, le coût global de cette troisième ligne monte finalement à 2,33 milliards d’euros.

Une partie de la somme, 200 millions espère Jean-Luc Moudenc, pourrait être financée par le Fonds de soutien à l’investissement mis en place en 2018 par le gouvernement. Le tracé de TAE a été adopté par le conseil syndical de Tisséo. Il sera soumis à l’enquête publique en 2019. Les travaux devraient donc démarrer en 2020 pour une inauguration en 2024.
Philippe Font

Sur les photos : en lieu et place d’une station de métro, l’aéroport Toulouse Blagnac aura une navette dédiée, de type Val. DR.

4 Commentaires

  • Le 6 juillet à 09:53 , par IKOR31

    un aéroport qui progresse veut dire un aéroport qui sera déménagé vers un nouvel aéroport certainement à la fin de la concession actuelle d’aéroport de Toulouse à Blagnac en 2046.

    une 3e ligne de métro en 2030, l’on comprend pourquoi le métro à l’aéroport est abandonné.

    Il y a déjà un tramway qui a couté 75 millions d’Euro pour 2500 voyageurs par jour à l’aérogare soit le niveau d’une ligne de bus de ville médiocre.

  • Le 6 juillet à 09:57 , par Thierry

    Encvore une fois monsieur Moudenc fait payer aux Toulousains par un racket complémentaire pendant qu’il réserve les fonds chinois à son grand projet mégalo de parc des expos inutiles.
    Monsieur Moudenc connait mieux les instances parisiennes que Toulouse et a bien capté la manne financière du racket Orlyval. Sauf qu’à Orly, ce la se justifie, à Toulouse non.
    Je pense qu’il a su gonfler artificiellement le cout de la ligne directe.
    N’y-t-il pas des instances gouvernementales pour auditer les faux devis et décisions orientées non justifiées ?
    Vivement les élections municipales mais malheureusement, les dégats seront déjà lancés …

  • Le 10 juillet à 09:19 , par andred

    L’idée du Tram , inefficace et encombrant , est bien celle de la Municipalité précédente. Heureusement qu’on l’a arrêté à Saint Michel où il a défiguré le pont et recrée les bouchons que l’on avait connu 40 ans auparavant. Quel progrès ! Si le Métro ne dessert pas l’aéroport c’est justement pour préserver cet investissement ruineux , qui pour le coup , serait réduit à néant car plus personne n’emprunterait le Tram. C’est infiniment regrettable, mais l’erreur étant commise il faut l’assumer.

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