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Publié le lundi 3 avril 2017 à 19h00min par Valérie Ravinet

Spécial Université. Toulouse Paul-Sabatier : personnels et étudiants au régime sec

Face à un déficit devenu structurel, l’équipe présidentielle de l’université Paul-Sabatier s’est engagée, à travers un pacte de développement, à réussir le redressement de ses finances. État des lieux d’une situation critique et évolution attendue.

Après avoir obtenu son autonomie financière en 2010, l’université Paul-Sabatier voit l’état de ses finances se dégrader à partir de 2014 : l’an passé le déficit était de 16 millions d’euros tandis que le nombre d’étudiants, de près de 35.000, ne cessait de croître. « Plusieurs facteurs sont en cause », avance Jean-François Mazoin, vice-président finances de l’université Paul-Sabatier. « Le plus important est lié à la masse salariale, dont le budget est multiplié par trois entre 2009 et 2010. Il s’agissait de prendre en charge le coût des personnels au moment du recrutement, mais aussi son impact sur le long terme ».

Auparavant géré par l’Etat, le glissement vieillesse–technicité (GVT) représente un coût de 2,2 millions d’euros par an pris en charge par l’université creusant son déficit. « C’est ce que l’Université n’a pas réussi dans le passage à l’autonomie », estime Jean-François Mazoin. « Parmi les 4500 personnes (dont 2570 enseignants-chercheurs) employées à Paul-Sabatier, on retrouve une majorité âgée de 40 à 50 ans, au moment où le coût de l’emploi est le plus élevé, sans départ à la retraite…

6,5 millions d’euros d’économie en 2017

Il faudra sans doute presque une dizaine d’années avant que la situation ne s’inverse et change de physionomie. » Masse salariale, principale variable d’ajustement Devant cette situation, le nouveau président Jean-Pierre Vinel défend un pacte de développement vers le redressement financier, dont la variable principale est la masse salariale, qui pèse 293 millions d’euros dans le budget. Objectif d’économie : 6,5 millions d’euros, dont 2,2 millions d’euros en 2017. « Le pacte focalise sur la masse salariale, ce qui suscite à juste titre des inquiétudes dans l’établissement.

La réforme organisationnelle devrait permettre de s’appuyer sur une vision plus fine pour piloter la structure, tant du point de vue salarial que patrimonial », développe Jean-Fran- çois Mazoin. Car le campus vieillissant, d’une superficie de 264 hectares, dont près de 390.000 m2 de surfaces bâties, constitue un vrai gouffre financier. « L’Etat nous demande de garantir que nous sommes sur la voie du redressement. Nous serons en 2017 en mesure d’adapter notre organisation et d’apporter les évolutions significatives. »
Valérie Ravinet

Sur la photo : Depuis quelques mois, l’université Paul Sabatier est confrontée à des soucis financiers. Crédits : DR