ToulÉco

Publié le mercredi 29 novembre 2017 à 17h09min par Natacha Zimmermann

Perpignan a accueilli la deuxième journée de mobilisation en faveur des LGV d’Occitanie

Presque deux mois après la première journée de mobilisation à Toulouse, les élus de la région Occitanie ont pris la parole ce mercredi 29 novembre pour défendre leurs lignes LGV.

« Nous sommes là pour dire oui à la grande vitesse, pour notre région, nos habitants, nos territoires ! » Après une première offensive à Toulouse le 4 octobre, les défenseurs des lignes grande vitesse Montpellier-Perpignan et Bordeaux-Toulouse se sont donnés rendez-vous ce mercredi 29 décembre à Perpignan. Le but : prouver au gouvernement la motivation de la région, et la nécessité du lancement de ces lignes.

Malgré des accords conclus depuis une trentaine d’années, « une énième pause vient de chasser une énième étape », s’agace Hermeline Malherbe, présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Faute de budget, quelques mois après l’inauguration des LGV Rennes-Paris et Tours-Bordeaux, la construction des lignes d’Occitanie est retardée. Si le contournement Nîmes-Montpellier sera bien inauguré en décembre, le tronçon de 150km reliant Montpellier à Perpignan n’est notamment pas au programme.

La LGV, « une question de survie économique »

Pourtant, pour Carole Delga, présidente de la région Occitanie, « Bercy n’a pas le droit de rayer d’un trait de plume ces projets, pour une question de budget ». Sans ligne à grande vitesse, les élus estiment que c’est toute la région qui va fonctionner au ralenti. Quand Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan, reproche au gouvernement de ne pas se préoccuper de ceux « qui se sentent exclus », Hermeline Malherbe rappelle qu’en 2013, l’Union européenne avait elle-même reconnu l’importance du corridor méditerranée, pour les « déplacements réguliers », mais aussi le commerce.

« Notre territoire est une terre de négoce. Sans perspective ferroviaire, c’est un pan entier de notre économie qui est bridé », souligne-t-elle. « Notre demande n’est pas un caprice, c’est un besoin », « une question de survie économique », insiste ensuite Carole Delga. « Nous sommes la région, l’Île-de-France mise à part, qui a la plus grande croissance PIB, une région d’entrepreneurs, innovante, qui a besoin d’être accompagnée. »

Taxer les poids lourds pour financer les LGV

Depuis dix ans, la région a investi 1,5 millards d’euros pour les « trains du quotidien », rappelle-t-elle. « C’est 75% du budget, l’Etat n’a payé que les 25% restant, alors que ce rapport est inversé dans les autres régions », précise-t-elle, estimant qu’il est désormais temps que le gouvernement renvoie l’ascenseur.

Pour résoudre le souci du budget, elle avait d’ailleurs déposé, avec Jean-Luc Moudenc, Alain Juppé, et Alain Rousset, une proposition de financement de la LGV en septembre. La solution, selon eux : « Une réaffectation des ressources », qui passerait notamment par une taxe des poids lourds « en transit international ». La décision devrait être prise d’ici fin janvier.

Crédit photo : Antoine Darnaud – Région Occitanie