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Publié le mardi 1er août 2017 à 18h00min par Valérie Ravinet

Philippe Raimbault : « Nous réfléchissons à une intégration entre certaines universités et écoles toulousaines »

article diffusé le 4 avril 2017

Les trois universités Capitole, Jean-Jaurès et Paul-Sabatier accueillent 85.000 des 110.000 étudiants toulousains. Trois campus et trois situations financières qui présentent des caractéristiques différentes accentuées par la loi d’autonomie. Interview de Philippe Raimbault, président de l’Université fédérale de (...)

Philippe Raimbault, quel regard portez-vous sur la disparité des finances des trois universités toulousaines ?
Cette disparité s’explique principalement par des facteurs historiques ; le cumul de décisions en matière de recrutement et de gestion de la masse salariale - prises avant même l’acquisition de l’autonomie budgétaire - d’une part, l’historique patrimonial d’autre part. Avant la loi LRU, les établissements ne se posaient pas la question du coût d’un personnel sur le long terme, de même que l’État ne se posait pas celle des frais d’entretien d’un campus lorsqu’il en lançait la construction. Après 2010, les choix des universités toulousaines ont différé, certaines ont été plus prudentes que d’autres. La culture administrative et managériale, plus ou moins avancée, de chaque université, a aussi joué un rôle.

Que pensez-vous de la situation de Paul-Sabatier ? Une gestion coordonnée entre les trois universités serait-elle utile ? Envisageable ? De quelle manière ?
Les choix opérés par Jean-Pierre Vinel, son président, étaient les seuls possibles. La situation sera difficile pendant deux ans, mais l’université aura ensuite les moyens et les marges de manœuvre nécessaires à une gestion optimisée. Quant à l’échange entre les universités, il existe déjà. Les directeurs généraux de services, qui ont une place centrale, échangent à périodicité régulière sur les pratiques. La coordination peut progresser, les équipes actuelles devraient la faciliter. Nous sommes dans un climat de confiance, sain et convergent.

Se pose-t-on aujourd’hui la question de la fusion des universités ? Cette question a-t-elle du sens ?
Aujourd’hui, la fusion des universités telle qu’on l’a connue à Aix, à Strasbourg ou à Bordeaux n’est pas à l’ordre du jour. Nous réfléchissons davantage à une intégration entre certaines universités et certaines écoles, et notamment entre Paul-Sabatier, Jean-Jaurès, l’Insa et l’INP. C’est ce projet que nous allons porter dans le dossier Idex, avec le souhait de trouver un modèle de gouvernance proche des usagers, tout en laissant des marges d’autonomie aux universités comme aux écoles. Ce modèle est original et à construire.

Quelle est la place de l’université Toulouse 1 Capitole dans cette articulation ?
Dans ce cadre, UT1 est dans un second cercle, avec partage de certaines compétences. Nous espérons obtenir un feu vert en mars 2017 et reconstruire le dossier Idex pour l’automne, après validation par les conseils d’administration des établissements et le Commissariat général à l’investissement. Le volet Idex du projet représente 14 millions d’euros. Ce projet est un moyen de prendre notre destin en main, en étant capable de faire face à la transformation numérique et des pratiques des étudiants et de valoriser nos actions à l’international.
Des innovations formidables ont lieu dans l’enseignement supérieur sans qu’on parvienne à les mettre en lumière. L’université a une image en partie détériorée qu’elle ne mérite pas, mais elle est en voie d’évolution positive
Propos recueillis par Valérie Ravinet

Sur la photo : Philippe Raimbault, président de l’université fédérale de Toulouse. Crédit : Rémy Gabalda – ToulÉco