ToulÉco

Publié le jeudi 9 février 2017 à 20h29min par Philippe Font

Philippe Robardey : « Concernant l’aéroport de Toulouse Blagnac, nous n’avons pas l’intention d’être un actionnaire dormant »

Élu il y a quelques jours à la tête de la CCIT en lieu et place d’Alain Di Crescenzo, Philippe Robardey s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur. Sur les questions du commerce au centre-ville, l’aéroport ou les actions de la Chambre, il veut apporter sa patte.

Vous avez été élu président de la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse le 16 janvier. Quel est votre projet pour les cinq ans à venir ?
Pour qualifier l’entreprise, je préfère employer le terme de client plutôt que de ressortissant. Nous devons aller plus loin dans notre relation et apporter aux 53.000 entreprises du département des solutions concernant l’accompagnement de proximité. Nous devons aussi répondre à leurs questions à travers un package simple et opérationnel. A terme on doit proposer une CCI opérationnelle 24h/24 et 7 jours sur 7. Nous y arriverons notamment grâce au développement du numérique, action déployée au niveau national par Alain Di Crescenzo. Cela passera aussi par une présence plus importante sur le terrain et par des actions coordonnées avec les collectivités, les syndicats, les clusters, etc. Et tout ceci doit se faire avec un budget revu à la baisse de 40%. Aucune autre branche publique n’a connu une telle rigueur.

Quelle va être votre méthode ?
Ma première mission a été de mettre en place plusieurs groupes de travail : sur les attentes et les besoins des entreprises, sur le développement durable en partenariat avec le Conseil régional d’Occitanie. Nous réfléchissons également sur l’appui à apporter aux entreprises et sur la transmission et le financement.

Vous vous êtes fixés comme objectif de valoriser le commerce de centre-ville…
Oui, d’ailleurs plutôt que de commerce, je préfère parler d’économie de centre-ville. La problématique est multiple : en réduisant l’accès des voitures au centre-ville, on a réduit l’activité des commerces. L’autre constat est qu’à Toulouse, on retrouve les mêmes produits et les mêmes enseignes qu’à Montréal, Marseille ou dans le sud de l’Andalousie. Je souhaite que l’on mette en avant un commerce plus local, voire identitaire et indépendant. Nous avons des idées et des projets, et dans les mois à venir, nous allons proposer aux collectivités de travailler dessus avec nous.

La CCI possède deux actifs, la Toulouse Business School et l’aéroport Toulouse-Blagnac. Comment vont-ils évoluer dans les mois à venir ?
L’aéroport est un dossier prioritaire et nous restons attentifs à l’évolution de son développement. Avec 25% du capital est détenu par la CCIT, nous sommes le deuxième acteur capitalistique de cette structure, et nous n’avons pas l’intention d’être un actionnaire « Coca-Cola », c’est à dire sleeping partner ou dormant, si vous préférez. Concernant les 10% du capital détenu part l’État, sa vente n’est pas d’actualité. Le jour venu, il faudra étudier la proposition et proposer une solution en faveur du développement local. Quant à la TBS, depuis le 23 décembre elle a changé de statut pour permettre d’accueillir des actionnaires privés. Des industriels ou des financiers pourront entrer au capital afin de contribuer au développement et au rayonnement de l’école.
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Philippe Robardey est le nouveau président de la CCI de Toulouse. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.