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Publié le jeudi 26 juillet 2018 à 18h30min par Philippe Font

Municipales à Toulouse : Jean-Luc Moudenc va-t-il candidater sous l’étiquette En Marche ?

Article diffusé le 6 juin 2018

Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc défendra-t-il les couleurs de La République en Marche en 2020 ? L’appel du pied de Christophe Castaner en début de semaine sur Public Sénat le laisse penser. Mais le patron du Capitole juge le sujet encore prématuré.

La récente déclaration de Christophe Castaner sur Public Sénat a fait réagir à Toulouse. Le délégué général de La République en Marche y affirmait en effet que son mouvement soutiendrait les maires sortants « qui ont fait un bon travail, quelle que soit l’origine de leurs engagements ». Et le fidèle d’Emmanuel Macron de compléter son propos en citant en exemple Toulouse et son maire Jean-Luc Moudenc… « La main tendue est valable pour tout le monde, c’est une invitation à se mettre autour de la table », indique Pierre Casteras, référent départemental en Haute-Garonne de La République en marche (LaREM).

Ce dernier rappelle que la désignation des candidats pour les municipales de 2020 est loin d’être acquise : si elle interviendra après le scrutin européen, en mai 2019, ceux qui postulent à diriger des villes sous l’étiquette des Marcheurs doivent répondre à plusieurs critères : Déclarer son soutien aux Marcheurs lors du scrutin européen, participer à la co-construction du projet de LaREM et adhérer à la charte des valeurs du parti. La première étape vers les municipales de 2020 intervient d’ailleurs le 7 juillet, avec l’organisation des conseils de territoire déclinés en trois collèges : le collège des élus, celui des animateurs locaux et enfin, le collège des hommes et des femmes qui font le territoire. Dans ce dernier on y retrouve d’ailleurs le président de la Chambre régionale de commerce et d’industrie Alain di Crescenzo.

« Mon rôle est avant tout de mener l’action municipale et métropolitaine »

La candidature de Jean-Luc Moudenc serait-elle compatible avec la formation d’Emmanuel Macron ? « Il envoie des signaux forts, notamment avec la signature du pacte de contractualisation avec le Premier ministre Edouard Philippe cette semaine, mais aussi des signaux faibles quand il a fait voter des délibérations en conseil municipal contre les annonces du gouvernement sur le logement social », indique encore Pierre Casteras. Dans le cadre d’un déjeuner informel mercredi avec des journalistes toulousains, Jean-Luc Moudenc ne s’est pas montré mécontent du soutien public affiché par Christophe Castaner.

Mais il a aussi refusé de s’engager officiellement dans le sillon du parti LaREM. Dans sa posture habituelle, teintée d’attente et de prudence, il affirme que sa fonction de maire de Toulouse le positionne en priorité dans le local : « Mon rôle est avant tout de mener l’action municipale et métropolitaine jusqu’au bout. C’est ma priorité ». Surtout, celui qui revendique une proximité politique avec Edouard Philippe, note que le paysage politique n’est pas tout à fait figé, les élections européennes pouvant rebattre les cartes. « Quelle sera la situation politique après cette échéance ? », s’interroge-t-il tout en se félicitant que l’action d’Emmanuel Macron a permis de « casser les clivages traditionnels et convenus ». À Droite, les chasse-croisés politiques et les parties de « cache-cache » à l’investiture pour les municipales 2020 ne font que commencer.
Philippe Font

Sur la photo : Emmanuel Macron et Jean-Luc Moudenc au Capitole lors d’une visite du Président de la République à Toulouse. Crédits : DR