ToulÉco

Publié le jeudi 19 juillet 2018 à 19h30min par Audrey Sommazi

Pour être compétitif, Freyssinet Aero Equipment fait le pari de la 3D

Article diffusé le 3 juin 2018

Depuis Couffouleux dans le Tarn, le sous-traitant aéronautique prend part au capital de Fusia, une start-up toulousaine spécialisée dans l’impression 3D métal.

Freyssinet Aero Equipment n’en finit plus de monter en compétence. Installée dans le Tarn, cette PME de quatre-vingt salariés vient de prendre une participation de 34% au capital de Fusia, société toulousaine spécialisée dans la fabrication additive ( FA) de pièces en métal. Et annonce dans la foulée avoir décroché son premier contrat série avec un client, un motoriste français. « L’objectif final est de créer dans le futur une ligne automatisée pour la FA », avance Gérard Duret, ingénieur commercial chez Freyssinet Aero Equipment. La société est spécialisée dans l’usinage de métaux durs et d’alliages légers.

Ce partenariat « nous permet par la complémentarité de nos métiers et de nos savoir-faire d’apporter une réponse crédible aux marchés de demain », ajoute Philippe Parsoire, le patron de cette entreprise rachetée en 1993, dédiée alors à l’outillage de pièces pour Airbus.

Contrat avec Safran Aircraft Engines

Avec cette prise de participation, le sous-traitant ajoute une corde supplémentaire à son arc. Cependant, cette montée en compétence industrielle ne date pas d’hier. Elle concrétise une stratégie démarrée en 2015 pour honorer un contrat de dix ans évalué à 130 millions de dollars. En effet, il y a trois ans, Safran Aircraft Engines avait retenu l’entreprise pour la fourniture de plusieurs sous-ensembles mécaniques en titane des moteurs Leap des avions A320neo d’Airbus, 737 max de Boeing et C919 du chinois Comac.

Le sous-traitant n’a alors pas hésité à mettre les bouchées doubles pour répondre aux exigences de compétitivité de son principal donneur d’ordres. Pour fabriquer les pièces, il a construit un atelier robotisé, en investissant entre 14 et 15 millions d’euros. Avec la montée en charge du programme, cette usine comptera jusqu’à douze machines d’usinage sur une ligne numérisée et automatisée. « Les premières pièces sont entrées en production il y a trois ans et nous atteindrons la pleine cadence de production en 2020 », ajoute Gérard Duret qui vise un chiffre d’affaires de 28 millions d’euros à cette date, contre 17 millions d’euros en 2017.

Philippe Parsoire a aussi investi dans une nouvelle activité en 2014. Avec Freyssinet AeroCoating, qui emploie dix personnes, la société s’est diversifiée dans le traitement de surface et la peinture. Le patron envisage de doubler sa surface et d’automatiser les lignes de production d’ici 2020.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Un A320neo équipé des moteurs Leap de Safran. Les pièces critiques en titane ont été produites par Freyssinet Aero Equipment. Crédits : illustration - Rémy Gabalda-ToulÉco