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Publié le mercredi 28 décembre 2016 à 18h07min par Johanna Decorse

Pyrénées. Après le ski, N’Py se met au lit

article diffusé le 7 novembre 2016

Après avoir finalisé en 2016 sa nouvelle gouvernance et mis sur les rails N’Py Resa, sa filiale dédiée à la commercialisation, la marque pyrénéenne concentre son action sur la mise en marché de nouvelles places d’hébergement. Car sans lit, pas de ski.

Depuis 2004, le réseau N’Py avance tout schuss sur les pentes pyrénéennes. La mise en place, il y a douze ans, de la société d’économie mixte éponyme, réunissant les structures support de huit stations du massif, Peyragudes, Piau-Engaly, Grand Tourmalet, Pic du Midi, Luz-Ardiden, Cauterets, Gourette et La Pierre Saint Martin, avait déjà considérablement bousculé le paysage local du ski.

Directeurs de stations et élus ont décidé d’aller plus loin en créant en 2015 la SAS N’Py Resa, filiale de la Sem à 70%, dédiée à la commercialisation des forfaits et autres prestations touristiques de montagne et dans laquelle ont investi la Caisse des dépôts et consignation, le Crédit agricole, la Caisse d’Épargne et la Safidi (filiale d’EDF). L’arrivée de ces actionnaires privés, qui ont apporté 1,3 million d’euros à la nouvelle société, a permis à la marque pyrénéenne de financer son développement sans augmenter les contributions des collectivités qui mettent au pot commun quelque 600.000 euros par an.

Développer l’hébergement

Sur un marché mature et ultra-concurrenciel, la marque pyrénéenne ne doute pas d’avoir pris la bonne option. « La croissance du chiffre d’affaires de N’Py entre 2005 et 2015 est de 25% contre 17% pour le marché pyrénéen », souligne Christine Massoure, directrice générale de N’Py, à quelques jours de l’ouverture des pistes.

Après avoir finalisé l’année dernière sa nouvelle gouvernance, le réseau qui revendique la première place côté français avec 2 millions de journées ski, veut maintenant concentrer son action sur la mise en marché de nouveaux hébergements, au-delà des 20.000 lits qu’il commercialise déjà. Pour compléter son offre, N’Py s’efforce depuis cet automne de faire entrer dans sa communauté les propriétaires de résidences secondaires en station. La marque propose deux formules, à 150 et 200 euros par an, avec plus ou moins de services et d’avantages, leur assurant une diffusion sur sa centrale de réservation. En parallèle, N’Py s’est associée à la société alpine Affiniski pour mettre en place « un guichet unique » afin d’accompagner les propriétaires de logements dans les huit stations dans leur projet de rénovation.

Auberges de jeunesse nouvelle formule

Étude, devis auprès des prestataires locaux, suivi de chantier, réception des travaux, ce dispositif inédit dans les Pyrénées propose aussi une étude fiscale gratuite et des solutions de financement avec deux partenaires bancaires. N’Py, qui va consacrer quelque 60.000 euros à cette « démarche volontaire » pour « dynamiser » la rénovation des biens de montagne, s’est donné trois ans pour en évaluer les retombées.

« Nous ne sommes pas dans une logique de création de lits neufs mais d’optimisation des lits existants. Nous menons également une réflexion pour développer un réseau d’auberges de jeunesse nouvelle formule pour remettre en marche des centres de vacances », précise Christine Massoure. Cette nouvelle activité, qui serait portée par une deuxième filiale de l’enseigne, pourrait démarrer dès la fin 2017 avec l’ouverture d’un premier établissement. Il y en aurait cinq au total, d’une capacité de 300 lits et représentant chacun un investissement de 4 millions d’euros.
Johanna Decorse

Sur la photo : En 2015-2016, les huit stations du réseau N’Py ont généré un volume d’affaires de 50 millions d’euros, en légère baisse par rapport à la saison précédente. Photo DR Matthieu Pinaud.