ToulÉco

Publié le dimanche 19 mai 2019 à 19h20min par Audrey Sommazi

Raphael Petit : « La politique d’Airbus permet d’accélérer les regroupements d’entreprises aéronautiques »

Banque d’affaires et de conseil en fusions et acquisitions, le bureau toulousain d’Oaklins France a réalisé la vente de la PME aéronautique Agiliteam au thaïlandais Jinpao Precision Industry. Explications avec son co-fondateur Raphaël Petit.

Raphaël Petit, comment Oaklins est-il organisé ?
Cette banque d’affaires, qui est une alliance de cabinets mondiaux spécialisés en fusions et acquisitions, levée de fonds, financement et dette, a fêté ses trente ans en 2018. Elle emploie 800 professionnels dans quarante pays. De mon côté, en 2011, avec mon associé Jean-Pierre Chometon, nous avons fondé Novasens Capital spécialisée en fusions et acquisitions, à Toulouse. Le bureau s’est marié avec Aelios Finance. Avant de passer sous la marque Oaklins en 2016.

En quoi consiste votre activité ?
Nous sommes un cabinet de conseils, nous n’investissons pas et ne prêtons pas d’argent. Avec les huit salariés, nous accompagnons les PME et ETI -le mid market- dans des opérations de cessions qui représentent la majorité de nos opérations, ainsi que des levées de fonds. Nous organisons des "enchères" d’acquéreurs. En clair, nous les mettons en concurrence pour obtenir la meilleure offre.

Combien effectuez-vous de transactions par an ?
Entre quatre et sept, à partir de 2 millions d’euros jusqu’à 250 millions d’euros et elles se concentrent dans le secteur aéronautique et spatial. Nous sommes capables depuis Toulouse de faire du « glocal », du global et du local, sur ce marché. C’est notre force. Nous avons la capacité d’être proches de nos clients, à Toulouse, et de chercher et de trouver la seconde moitié de l’opération dans le monde, en lien avec les autres cabinets. La preuve avec Agiliteam. Cette PME familiale, créée il y a vingt ans et spécialiste de l’usinage de haute précision dans l’aéronautique, enregistrait 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et employait soixante salariés sur deux sites, à Tarbes et Bordeaux. Le couple fondateur - Nathalie et Didier Candelot - souhaitait s’orienter vers d’autres projets personnels. En 2018, il nous a mandaté pour trouver un industriel repreneur. L’offre du thaïlandais Jinpao Precision Industry, qui cherchait à se renforcer sur le secteur de l’aéronautique, a été retenue.

La bonne santé du bureau est-elle subordonnée notamment à celle du secteur aéronautique ?
Oui, et toutes les planètes sont bien alignées depuis quelques temps : la politique d’Airbus permet d’accélérer le mouvement des regroupements d’entreprises, la fiscalité est stable, les ressources financières disponibles. Et ce secteur attire les intérêts privés. Le cabinet devrait grossir mais nous ne nous sommes pas fixés d’objectifs.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo, Raphaël Petit, dans les bureaux toulousains d’Oaklins France. Crédits A.S. - ToulÉco

P.S. :

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