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Publié le jeudi 16 mai 2019 à 17h43min par Johanna Decorse

Rapport glyphosate : les agences sanitaires doivent améliorer leur fonctionnement

Les membres de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologies ont rendu ce jeudi 16 mai leur rapport sur le travail des agences sanitaires chargées d’évaluer l’impact des pesticides et notamment du glyphosate. Après la confusion du début de semaine suscitée par les propos du sénateur UDI de Haute-Garonne, Pierre Médevielle, vice-président de l’OPECST, sur la non-dangerosité de l’herbicide, il ressort que ce rapport n’a rien d’explosif et surtout, ne se prononce pas sur la cancérogénicité du glyphosate. Il formule seulement des recommandations pour améliorer le fonctionnement des agences sanitaires et renforcer leur indépendance.

Les parlementaires se sont notamment attachés à comprendre pourquoi l’Organisation mondiale de la santé et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) affichent des positions divergentes sur le glyphosate : cancérogène probable pour la première, mais pas pour la seconde. Question de méthode. L’OMS tient compte de l’impact des co-formulants là où l’Efsa étudie la molécule seule. Ce que dénoncent justement les militants de la Campagne Glyphosate. « Les méthodes d’évaluation des pesticides sont caduques et déficitaires. Elles ne prennent en compte que la molécule active désignée comme telle par les fabricants et ne sont basées que sur leurs seules études (…) L’effet de potentialisation (effet cocktail) n’est absolument pas pris en compte par l’Efsa contrairement à l’Inserm qui étudie les effets du produit fini tel que fourni aux usagers », dénonce l’association.

Dans leur rapport, les parlementaires préconisent ainsi de donner aux agences sanitaires la possibilité de commander des études financées par un fonds de recherche inter-agences et d’améliorer la transparence des évaluations en livrant au grand public les données sur lesquelles elles reposent. Il est aussi nécessaire selon eux de « contrôler les liens d’intérêt déclarés, dans le cadre d’obligations déontologiques fortes pesant sur les personnels et experts des agences ».