ToulÉco

Publié le mercredi 11 juillet 2018 à 18h01min par Philippe Font

Raymond Vié : « La voiture aura toujours sa place à Toulouse »

Dossier : Automobile, les grandes manœuvres à Toulouse 4/4

De l’état du marché de la voiture en Occitanie aux problèmes de circulation à Toulouse en passant par la place de la voiture autonome, Raymond Vié, président du Conseil national des professions de l’automobile HauteGaronne (CNPA) fait le point sur l’actualité du secteur.

En tant que président du CNPA, quel regard portez-vous sur l’état du marché automobile en Occitanie et notamment en ex-Midi-Pyrénées ?
Il est en bonne santé, notamment le secteur du véhicule neuf, notamment les petites et moyennes voitures. Depuis le début de l’année 2018, il est boosté par la prime à la conversion. Entre le premier trimestre 2017 et le premier trimestre 2018, nous avons enregistré une hausse des ventes supérieure à 2 %. Les points négatifs concernent les immatriculations, le système d’immatriculation des véhicules (SIV) enregistre du retard, et les ventes de véhicules d’occasion. Ne serait-ce que sur les modèles diesel, la région Midi-Pyrénées enregistre une baisse de 7 % de ses ventes.

Comment se portent les ventes d’automobiles électriques ou hybrides ?
On note une réelle évolution sur ce secteur avec la volonté de nombreux constructeurs de développer des modèles électriques, notamment Renault avec la Zoé. Par exemple depuis deux ans on assiste à un nouveau phénomène avec l’augmentation de parcs de voitures électriques dans des entreprises privées ou au sein de collectivités territoriales. Ce virage a des conséquences positives sur l’environnement mais va néanmoins poser des questions sur la formation des mécaniciens qui vont être amenés intervenir sur ce genre de véhicules.

De plus en plus de concessionnaires notent l’augmentation des contrats de location en leasing chez les particuliers. Comment l’expliquez-vous ?
C’est une démarche économique qui a permis de développer le marché automobile : la formule a l’avantage de sortir le « souci » voiture du quotidien de l’automobiliste. Alors que le leasing est très développé chez les professionnels depuis de nombreuses années, il se développe chez le particulier : cela lui évite une immobilisation financière, son argent est consacré à d’autres activités. Cela a changé le rapport de l’automobiliste à la voiture, d’un point de vue économique. De plus le concessionnaire et l’automobiliste sont gagnants.Toulouse est concernée par des problèmes de circulation.

Peuvent-ils remettre en cause la place de la voiture dans la Ville rose ?

Je suis convaincu que Toulouse n’a pas su saisir l’opportunité de construire un second périphérique pour éviter le transit qui permettrait d’aller de Narbonne à Bordeaux sans passer par Toulouse. Je regrette aussi que la ville ait réduit les voies de circulation ou de stationnement : on voit dans les centresvilles où le stationnement a été libéré, que le commerce a repris. Le tramway et le métro ne vont pas partout, la voiture aura toujours sa place à Toulouse.

Comment voyez-vous le développement de la voiture autonome, notamment à Toulouse ?
Elle va continuer à se développer à Toulouse en raison de son environnement économique et on peut en être fiers. Même s’il existe déjà des navettes autonomes, notamment sur les allées Jules-Guesde, on ne va pas encore voir des voitures autonomes sur les routes car il y a des problèmes de législation à régler. Notamment des questions d’assurance en cas d’accident. Qui est responsable ? Le propriétaire du véhicule ? Le conducteur ? La personne qui a paramétré le parcours ? La société de location ? Tout reste à définir dans ce domaine…
Propos recueillis par Philippe Font

Sur la photo : Raymond Vié, président du CNPA. CRédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.