ToulÉco

Publié le lundi 19 juin 2017 à 00h24min par Audrey Sommazi, Philippe Font

Législatives 2017 : joie mesurée chez LREM, remise en cause des socialistes

Avec neuf députés sur dix (dont huit officiellement investis), le parti d’Emmanuel Macron fait main basse sur la Haute-Garonne. De son côté le FN ne convertit pas ses scores du premier tour, tandis que le PS entame une large remise en cause.

Joie mesurée chez les Marcheurs
Sous quelques applaudissements, une trentaine de sympathisants étaient réunis au QG de campagne LREM, boulevard de la gare à Toulouse ce dimanche vers 20 heures. La ferveur chez les militants n’est pas à son comble, l’abstention record ternit quelque peu la fête. « On est rassurés car on avait peur que le président Macron n’ait pas de majorité pour aller au bout. On est confiant pour les cinq ans à venir avec une majorité solide et loyale. Pour un parti, jeune de six mois, c’est une grande réussite même si les résultats sont moins importants que prévu. L’abstention est le seul bémol », déclare Guillaume, 34 ans, gestionnaire administratif et sympathisant LREM. 

Même son de cloche pour Sylvain, 33 ans, développeur de logiciels. « L’abstention est une préoccupation. Il serait intéressant de voir ce qui a détourné les électeurs des urnes… Est-ce un calendrier électoral trop chargé », s’interroge-t-il. Arrivé quelques minutes après la confirmation de sa victoire (67.60%), Jean-François Portarrieu engagé sur la cinquième circonscription face au Frontiste Julien Léonardelli savoure le moment. « Cette victoire m’honore et m’oblige. Je me mets au travail dès demain, je démissionne du Grand Narbonne et je consacre 100% de mon temps et de mes revenus à mon mandat. Les prochains dossiers sur lesquelles je vais travailler sont le projet de loi de moralisation de la vie publique et le code du travail ».

Vers 22 heures, c’est au tour de Mickaël Nogal, 26 ans, responsable départemental de LREM, de faire son entrée au QG du parti. Applaudissements, embrassades, le jeune élu sur la quatrième circonscription salue les nombreux militants qui se sont rassemblés au cours de la soirée électorale. « C’est une joie d’être élu député, c’est une tâche qui s’annonce passionnante et exigeante », déclare-t-il satisfait d’avoir eu neuf députés sur dix en Haute-Garonne.
« Dès demain je vais mettre à travailler les dossiers, comme la rentrée scolaire 2017, la sécurité, l’emploi dans les quartiers. Les premiers rendez-vous ont été pris à Paris dans les ministères ».

Devant l’important taux d’abstention qui a marqué ce second tour, Mickaël Nogal a reconnu que « le bruit médiatique qui a consacré les députés Macron au premier tour a peut être démobilisé notre électorat. »

Le FN n’y arrive toujours pas en Haute-Garonne

Son adversaire Julien Léonardelli présente un bilan contrasté en Occitanie. S’il se félicite que son parti passe de un à trois élus sur la Région, il y avait vingt-quatre candidats FN en Occitanie au second tour, il ne cache pas sa déception devant sa défaite (32,40% des voix). « Malgré un score en progression et 4000 voix supplémentaires, le FN ne sera pas représenté c’est un danger pour la démocratie, il faut mettre en place la proportionnelle », réagit-il.

A cela s’ajoute toujours selon Julien Léonardelli, « un sentiment de lassitude chez les électeurs, voter à nouveau pour les députés quelques semaines après les présidentielles amène à un phénomène de saturation ».

Grand ménage au PS

Après la « claque » prise la semaine dernière, seul Joël Aviragnet sur la huitième sauve un siège socialiste parmi les dix circonscriptions du département (50,13% des voix) face au macronniste Michel Montsarrat, Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste, a lancé quelques minutes après le verdict des urnes le « grand chantier du PS » qui selon lui « doit faire face à son destin ».

« J’appelle la direction actuelle de Solférino à démissionner et à passer la main à une nouvelle génération. Il est urgent de refonder réellement pour faire vivre les valeurs d’une gauche sociale-démocrate et écologiste assumée. En Haute-Garonne, notre fédération prendra pleinement part à ce processus, dès cette semaine je vais proposer aux instances fédérales d’engager ce chantier de la refondation, écrit-il dans un communiqué de presse. Ce travail ne doit pas se faire en conclave depuis Paris, ni depuis la fédération du Parti Socialiste de la Haute-Garonne, mais sur le terrain, en allant à la rencontre des citoyens. »

Les Républicains perdent leur seul fauteuil de député

Laurence Arribagé a perdu le match. Même si elle s’est déclarée « battue mais pas abattue », la perte du siège de député face à Corinne Vignon (LREM) va peser lourd : désormais le parti de François Baroin n’a plus de représentant en Haute-Garonne. Si Laurence Arribagé gagne 5000 voix entre les deux tours, c’est insuffisant pour rattraper son retard face à la maire de Flourens. Cette dernière a connu une fin de campagne chaotique avec l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant des pratiques de travail dissimulé. Corinne Vignon est la seule candidate de LREM en Haute-Garonne à avoir perdu des voix (896) entre les deux tours.
Philippe Font & Audrey Sommazi
Photo Rémy Gabalda - ToulÉco