ToulÉco

Publié le mercredi 4 décembre 2019 à 19h00min par Johanna Decorse

Retraites. Les syndicats toulousains font le mur contre le projet de réforme

Face au projet de réforme des retraites du gouvernement, c’est un mur qui se dresse. A Toulouse, la mobilisation attendue est particulièrement forte, la plupart des organisations syndicales ayant appelé à une grève massive ce jeudi 5 décembre.

Ils ont perdu en 2010 sur l’âge légal de départ à la retraite, aussi, ils ne comptent pas lâcher pour cette nouvelle reforme. La journée de grève interprofessionnelle de ce jeudi 5 décembre à l’appel des syndicats CGT, FSU, FO et Solidaire montrera leur niveau de détermination. Face au projet du Haut-Commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye qui prône la fin des régimes spéciaux au profit d’un système universel par points et d’une retraite calculée sur l’ensemble de la carrière, ils jouent l’unité. Et Toulouse fait partie des villes de France les plus mobilisées.

« Les organisations syndicales et de jeunesse s’engagent à construire un plan d’action contre le projet de réforme par points et pour gagner un renforcement, une amélioration du système actuel de retraites solidaires et intergénérationnel », expliquent-elles dans un communiqué commun. De son côté, la CFE-CGC a appelé à manifester alors que la CFTC a laissé ses adhérents libres de rallier le mouvement. La CFDT elle, ne s’y joindra pas.

Ainsi, dans la Ville rose et en Région Occitanie, les écoles, trains, bus, hôpitaux, tribunaux et services publics seront perturbés. La journée s’annonce noire, particulièrement à la SNCF où la CGT-Cheminots, l’Unsa ferroviaire et Sud-Rail ont voté une grève reconductible par période de 24 heures à compter de jeudi. Aucun TER ni Intercités ne circulent aujourd’hui dans la région Occitanie. Concernant les transports toulousains, des perturbations sont évidemment à prévoir sur le réseau tram et bus. Environ 60% des services seront assurés sur le réseau toulousain et sa périphérie et 40% sur le réseau muretain, annonce Tisséo.

Appel à la grève chez Airbus et Liebherr

Dans l’éducation où les enseignants du premier et du second degrés et les professeurs des écoles sont très mobilisés, cette journée du 5 décembre pourrait faire date et le « mur » de la contestation, se consolider. Le Snuipp-FSU annonce au niveau national 70% des enseignants des écoles en grève et plus du tiers des écoles fermées. On atteindrait 89 % pour 320 écoles fermées sur 865 en Haute-Garonne.

Dans le privé, des appels ont été lancés chez Airbus, Microturbo, Thalès, Liebherr, Latécoère ou encore Mecahers. « Au-delà de la problématique des retraites, les salariés de l’industrie sont inquiets. Des entreprises ferment ou sont rachetées et de plus en plus soumises à la finance », résume Xavier Petrachi, délégué syndical CGT chez Airbus.

Pour l’union départementale de la CGT 31, il faut faire front face à « la très grosse ficelle de la division » qu’agite l’exécutif. « La vérité est que les régimes spéciaux c’est 98% du temps de parole et seulement 5% des retraités (1,1 million sur 21 millions au total) qui ne sont pas des privilégiés. Ils sont financés par les cotisations sociales et participent en plus à la solidarité entre régimes », souligne le syndicat qui veut aussi éviter « le piège grotesque entre secteur public et privé ». « Le calcul sur les vingt-cinq meilleures années pour le privé et sur les six derniers mois pour les fonctionnaires produit des montants moyens de retraite équivalents », indique la CGT.

Refus du système à points

Le Premier ministre Édouard Philippe s’est dit prêt la semaine dernière à quelques compromis notamment sur l’entrée en vigueur du nouveau système qui pourrait être reculée après 2025, la pénibilité ou encore les pensions de reversions. Mais il est resté ferme sur l’objectif du gouvernement qui est de « mettre un terme aux régimes spéciaux ».

Du côté de Force ouvrière, aucune négociation ne sera possible sur la base d’un régime de retraite par points. « On achète des points en travaillant. Si on ne travaille pas, pas de point. Si un salarié, pour x raison ou accident de la vie, ne peut pas travailler durant une certaine période, ce temps-là ne sera pas cotisé et donc ne rentrera pas en compte pour sa retraite », explique Serge Cambou, secrétaire général de l’Union départementale des syndicats Force ouvrière de la Haute-Garonne. « D’autre part, la valeur du point sera fixé chaque année par le gouvernement. En cas de crise, il aura un curseur supplémentaire en faisant varier la valeur du point pour le faire rentrer dans le budget », ajoute le syndicaliste qui prévoit une « mobilisation très forte » ce jeudi.
Johanna Decorse

Sur la photo : La manifestation à l’appel de la CGT, FO, FSU et Solidaires partira à 14 heures ce jeudi de Saint-Cyprien à Toulouse. Ici, celle de 2010 avait été très suive à Toulouse. Crédits : Rémy Gabada - ToulÉco.