ToulÉco

Publié le dimanche 1er juillet 2018 à 19h48min par Johanna Decorse

Santé. Genoskin la start-up qui grandit peau à peau

Depuis juin 2017, date de création de sa filiale à Boston, Genoskin peaufine son arrivée outre-Atlantique. Elle y a démarré la production et la commercialisation de modèles de peau humaine destinés aux études de toxicité menées par des entreprises chimiques et pharmaceutiques.

Comme en France où elle est conventionnée par une douzaine de cliniques et d’hôpitaux dont Rangueil, Genoskin recycle, avec les consentements des donneurs, des tissus humains issus d’opérations de chirurgie plastique comme l’abdominoplastie. Une fois récupérés, ces échantillons de peau « frais » sont conditionnés dans des kits étanches contenant une matrice qui permet de les « faire vivre et de les garder fonctionnels durant sept jours ».

Les clients de l’entreprise comme LEO Pharma, le géant Unilever ou le Britannique AstraZeneka, receptionnent ainsi des modèles prêtà-l’emploi pour tester des crèmes, des médicaments en injection sous-cutanée contre certains cancers de la peau ou encore des anti-inflammatoires contre le psoriasis. En 2017, depuis son unité de production au centre Pierre Potier à l’Oncopole de Toulouse, Genoskin a vendu un millier de modèles et en a produit autant pour des tests effectués en interne pour des entreprises clientes.

200.000 abdominoplasties aux Etats-Unis contre 20.000 en France

« Nos produits sont des alternatives fiables à l’expérimentation animale. Travailler sur des tissus humains est plus prédictif des réactions des patients et le coût pour les industiels est de deux à cinq fois moindre. Pour les tests de médicaments, entre 80 et 90 % d’échec sont constatés en phase clinique après une phase préclinique validée sur des animaux », explique Pascal Descargues son fondateur. Depuis le Massachussets où l’ancien chercheur du CNRS devenu chef d’entreprise vient de partir pour lancer l’activité de production, Genoskin pense « mondial ». Aux États-Unis, quelque 200.000 abdominoplasties sont pratiquées chaque année contre 20.000 en France et les investissements R&D des industriels sont bien plus importants.

« Genoskin est déjà à l’équilibre, notre modèle fonctionne, nous devons maintenant l’étendre à d’autres marchés, notamment en Asie pour être le plus près possible des sources de peau et de nos clients. Nous sommes en cours de négocation avec un distributeur au Japon », souligne son dirigeant. L’entreprise qui emploie à l’heure actuelle douze personnes vise un chiffre d’affaires d’1 million d’euros en 2018.
Johanna Decorse

Sur les photos 
En haut : Genoskin recycle, avec les consentement des donneurs, des tissus humains issus d’opérations de chirurgie plastique comme l’abdominoplastie.

En bas : Genoskin, fondée en 2011 par Pascal Descargues, a développé un modèle de peau saine, pour tester des produits en injection sous-cutanée et un modèle
reproduisant une inflammation de la peau chez des patients atteints de psoriasis. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco