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Publié le jeudi 31 mai 2018 à 18h09min par Johanna Decorse

Services. La fièvre sociale monte chez Sogeti à Toulouse

Des salariés toulousains de Sogeti Capgemini ont manifesté ce jeudi 31 mai contre la politique salariale du groupe de services informatiques. Ils ont ciblé deux sites d’Airbus, l’un de ses principaux clients, pour dénoncer les « baisses de tarifs » imposées par le constructeur.

Après plusieurs débrayages en avril et mai, les salariés toulousains de Sogeti High Tech, filiale à 100% du groupe de services informatiques Capgemini, ont décidé de battre le pavé. A l’appel de la CGT, plusieurs dizaines d’entre eux se sont rassemblés et ont tracté ce jeudi 31 mai devant deux sites d’Airbus, à Saint-Martin-du-Touch et au Palays, pour dénoncer la politique de baisse de coûts du constructeur aéronautique qui met ses sous-traitants sous tension et impacte leur politique salariale. Le 19 avril, devant plusieurs dizaines de salariés en mission chez Airbus Defense and Space, le directeur des opérations de Sogeti High Tech s’en serait même justifié en indiquant : « Airbus baisse tellement ses prix qu’ils sont plus bas que ceux d’un garage ». Un argument que les salariés ont du mal à entendre.

Les salariés « oubliés »

« La direction nous dit qu’elle n’a pas de marge de manœuvre sur les salaires. Dans le même temps, les actionnaires de Capgemini viennent de voter le versement de 286 millions d’euros de dividendes, en augmentation de 10% et d’offrir à Paul Hermelin, PDG du groupe, 35.000 actions. Les 22.000 salariés français doivent quant à eux se partager une enveloppe d’1 million d’euros, ce qui correspond à 3,80 euros brut par mois », explique Robert Amade, délégué CGT chez Sogeti High Tech.

« Nous sommes oubliés depuis des années par la politique salariale du groupe. Pourtant c’est nous qui apportons la valeur ajoutée avec notre expertise. Nos salaires sont gelés et on nous impose des objectifs en trop grand nombre, inatteignables ou subjectifs », poursuit-il. « Comme porter les valeurs du groupe : l’honnêteté, l’audace, la confiance, par définition difficiles à mesurer et à atteindre et pour lesquelles nous ne sommes jamais à la hauteur. » Le délégué syndical pointe du doigt des « systèmes d’évaluation dégradants ».

La direction « surprise »

Le syndicat renvoie aussi Airbus, en tant que donneur d’ordre, à son devoir de vigilance sur le plan social et environnemental imposée par la loi de 2017, également au niveau de ses sous-traitants. D’où le rassemblement, ce jeudi 31 mai au matin, devant deux de ses sites pour « poser le débat de la responsabilité de chacun ».

De son côté, la direction de Capgemini s’est dit « surprise » de cette action « en plein dialogue social ». « Nous avons reçu les organisations syndicales et les collaborateurs sur place. La direction a pris des engagements pour travailler sur le sujet. Concernant les augmentations, des ajustements vont avoir lieu au cas par cas et nous allons procéder à un cadrage des objectifs qui ne sont pas adaptés à l’ensemble des métiers », assure le groupe. Pas de quoi satisfaire la CGT qui dénonce une approche « à la tête du client » et assure n’avoir reçu aucune proposition depuis début avril.
Johanna Decorse

Sur la photo : des salariés de Sogeti High Tech, mobilisés depuis avril, ont manifesté jeudi 31 mai devant des sites d’Airbus. Crédits : J.D - ToulÉco