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Publié le mardi 8 janvier 2019 à 21h07min par Johanna Decorse

Ski. Les stations des Pyrénées françaises en manque de neige

Les stations des Pyrénées françaises font grise mine. Le manque de neige de ce début d’hiver a empêché l’ouverture de la moitié d’entre elles. Pour certaines, la saison sera difficile à rattraper et repose la question de leur avenir à moyen terme.

La vague de froid actuelle, tant attendue, va leur redonner le sourire. Mais elles savent déjà que la saison 2018-2019 ne sera pas celle de tous les records. Faute de neige, près de la moitié des trente stations de ski des Pyrénées n’ont pas pu ouvrir pendant les vacances de Noël. C’est le cas en Ariège, d’Ascou, de Guzet et des Monts d’Olmes. Des quatre stations gérées par la Savasem, seule Ax Trois Domaines a « sauvé les meubles » avec six pistes ouvertes sur trente-six la première semaine, dix la seconde, couvrant 20% du domaine skiable.

La fréquentation est passée de 1500 à 2500 journées ski sur les deux semaines, soit moitié moins que d’habitude. « Nous serons sur une petite saison. C’est dans ce genre de situation que nous mesurons l’intérêt des investissements consentis depuis dix ans sur la neige de culture », explique Cyril Bardin, directeur communication de la Savasem.

Fréquentation moitié moindre…

Très impactée par le manque de neige, Saint-Lary, dans les Hautes-Pyrénées n’a pu rendre accessibles que quatre pistes sur cinquante-six. Du jamais vu depuis vingt ans.
En Haute-Garonne, Luchon-Superbagnères, Bourg d’Oeuil et le Mourtis ont dû se faire une raison. Seule Peyragudes et son versant des Agudes a pu à peu près satisfaire ses clients skieurs. Avec quinze pistes ouvertes sur quarante-neuf, la station a comptabilisé entre 2000 et 4000 journées ski contre 7000 en moyenne à cette saison.

« La vague de froid en cours va nous permettre d’ouvrir vingt-cinq pistes d’ici la fin de la semaine. Côté exploitant c’est plutôt morose. C’est plus nuancé pour les autres activités, le VTT, la trottinette sur herbe, les balades à pied. Balnéa, à Loudenvielle, a enregistré une fréquentation record avec jusqu’à 3000 personnes par jour », explique Laurent Garcia. « Si nous avons pu ouvrir autant de pistes c’est bien grâce à la neige de culture à laquelle nous avons consacré 10 millions d’euros au cours de ces quinze dernières années, 600.000 euros depuis 2017. »

… Mais pas la catastrophe

Du côté du regroupement de stations N’PY, Peyragudes, Piau, Grand Tourmalet, Luz-Ardiden, Cauterets et la Pierre Saint Martin ont pu ouvrir dès le 22 décembre. Au final, la marque pyrénéenne a enregistré 163.454 journées durant les quinze jours de vacances, soit une baisse de 40% par rapport à l’année dernière à la même époque et a dû procéder à des mesures de chômage partiel. « Côté réservations, nous avons reçu très peu de désistements. C’est toujours mieux de démarrer à plein mais la saison est longue. La situation n’est pas catastrophique », nuance Christine Massoure, directrice général de N’PY.

Ce début de saison fait néanmoins écho au rapport de la Cour des comptes de 2015 sur la fragilité économique de nombreuses stations de faible altitude, confrontées à un « enneigement de plus en plus aléatoire », conséquence du réchauffement climatique. Et pose de nouveau la question de l’avenir du ski dans le massif, sous la menace d’ici 2030 d’une hausse moyenne des températures maximales de 1 à 2,7 degrés selon l’Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC).

« Cet épisode relance en effet une réflexion nécessaire sur la rationalisation des exploitations et une stratégie toute saison, au-delà du seul produit ski », confirme Christine Massoure de N’PY. D’autant plus dans un contexte global de baisse de la fréquentation dans les stations, de l’ordre de -15 % ces dix dernières années.
Johanna Decorse

Sur les photos : L’enneigement aléatoire que les stations des Pyrénées, ici à Luchon, subissent en ce début de saison repose la question de l’avenir du ski dans les Pyrénées. Crédits : DR