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Publié le lundi 20 novembre 2017 à 18h09min par Johanna Decorse

Dans les Pyrénées, N’Py prend la main sur l’hébergement

Premier acteur des Pyrénées françaises, N’Py gagne encore du terrain. Après la création d’une filiale dédiée à la commercialisation de ses produits, la Sem vient de dévoiler ses projets d’hébergement intégré. Un premier établissement ouvrira en 2018 à Piau.

Depuis 2004, date de création de la société d’économie mixte qui réunit les structures supports de huit stations du massif pyrénéen, N’Py conforte chaque année ses positions. En 2015, pour la création de la nouvelle société N’Py Résa, filiale de la Sem à 70%, dédiée à la commercialisation des forfaits et des prestations annexes, le réseau a réussi à financer son développement en levant 1,3 million d’euros auprès de la Caisse des dépôts et consignations, du Crédit agricole, de la Caisse d’épargne et de Safidi (groupe EFD). Et les résultats sont au rendez-vous.

En 2016-2017, N’Py Résa a dégagé un volume d’affaires de 20 millions d’euros, en hausse de 30% par rapport à la saison précédente. Plus globalement, les domaines de la marque pyrénéenne ont mieux résisté que d’autres stations ces deux dernières années avec un chiffre d’affaires stable de 50 millions d’euros et une fréquentation de près de 2 millions de journées ski qui en font le premier acteur des Pyrénées françaises.

Optimiser les lits existants

Pour peser encore davantage sur un marché du ski mature et ultra-concurrentiel, le regroupement de stations qui réunit Peyragudes, Piau-Engaly, Grand Tourmalet, Pic du Midi, Luz-Ardiden, Cauterets, Gourette et La Pierre Saint-Martin priorise aujourd’hui le développement de l’hébergement, au-delà des 20.000 lits qu’il commercialise déjà.

« Toutes les stations sont confrontées au manque de lits touristiques disponibles, c’est pourquoi nous continuons à sensibiliser les propriétaires afin qu’ils nous confient la commercialisation de leur résidences secondaires. C’est dans ce sens que nous lançons cette saison un Club propriétaires qui récompense ses adhérents en fonction de l’utilisation de leur bien par des skieurs », explique Christine Massoure, directrice générale de N’Py.

Cette intiative vient s’ajouter au partenariat signé l’an dernier avec la société alpine Affiniski qui propose aux propriétaires un accompagnement et des solutions de financement négociées avec des partenaires bancaires, pour la rénovation de leur bien. Sur les pas de Morzine, Avoriaz ou Courcheval, les stations N’Py, engagées pour trois ans, ont consacré 60.000 euros à la mise en place de cette offre qui s’est d’ores et déjà traduite par la rénovation de huit appartements.

Un premier établissement à Piau

Cette stratégie sur le long terme s’est accélérée récemment avec la création par N’Py d’une nouvelle filiale pour porter ses projets d’auberges de jeunesse « nouvelle génération » dans d’anciens hébergements collectifs de grande capacité. Ces « hostels » en cœur de station, incluant plusieurs formules de restauration et divers services pour la location de matériel ou l’achat de forfaits, proposeront des lits au tarif de 20 euros la nuit, petit-déjeuner inclus, y compris en haute saison. Le premier établissement sous la marque « Skylodge by N’Py » devrait ouvrir fin 2018 à Piau-Engaly dans un ancien centre de vacances du groupe EADS, avec une capacité de 296 lits.

L’investissement de 5 millions d’euros sera porté à hauteur de 4 millions par la SAS récemment créée par N’Py, transformée en foncière et capitalisée à parts égales par la Sem de Piau, la Caisse des dépôts et consignation et une société de promotion immobilière, actuelle propriétaire du bien. Courant 2018, cette foncière rachètera le batîment dans le cadre d’une vente en état futur d’achèvement et en cèdera l’exploitation à une filiale à 100% de N’Py Résa qui s’acquittera d’un loyer pour couvrir les emprunts et rémunéner le capital.

130 emplois à la clé

« Ce qui nous permet de prendre la main sur l’hébergement, c’est notre capacité à le commercialiser. Il est évident que les recettes des domaines skiables ne peuvent pas venir que du ski. D’où la nécessité pour les stations d’inventer un nouveau modèle économique, plus vertueux, plus intégré qui permettent aux exploitants d’envisager des réinvestissements », ajoute Christine Massoure. A terme, ce réseau d’hostels porté par N’Py, devrait compter 2140 lits dans plusieurs stations du groupe pour un investissement total de 25 millions d’euros, avec cent-trente emplois à la clé. D’autres projets sont à l’étude à Barèges, dans l’ancien Hospitalet et la La Mongie et une réflexion est cours à Peyragudes autour d’un bâtiment neuf.
Johanna Decorse

Sur les photos : Pour cette nouvelle saison, le groupement N’Py a investi près de 12 millions d’euros, essentiellement dans les services proposés à ses clients. En bas, le projet du premier « hostel » porté par N’Py, sera implanté à Piau-Engaly. Crédit N’PY

Changement de pilote à Peyragudes

Dans le cadre du changement de gouvernance que souhaite mettre en place le conseil départemental du 31 pour les stations haut-garonnaises, Luchon-Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil pourraient passer dès la saison prochaine sous la gestion d’une structure commune, un Epic sous l’autorité d’un syndicat mixte associant le Département et la nouvelle communauté de communes Pyrénées Haut-Garonnaises. Le schéma serait différent pour la station de Peyragudes, à cheval sur la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées. La société d’économie mixte d’aménagement de Peyragudes (Semap) qui exploite la station et dont la délégation de service publique s’arrête fin 2018 devrait évoluer l’année prochaine vers une société publique locale (SPL) avec les mêmes actionnaires publics d’origine : le département de la Haute-Garonne et la commune de Gouaux-Larboust qui détiennent actuellement 40% du capital et le Sival (ex-Communauté de communes de la Vallée du Louron) avec 40% également. Les 20% toujours aux mains d’actionnaires privés dans la Semap devraient être répartis entre les partenaires publics existants et les communes de Germ et Loudenvielle. Pour Laurent Garcia, directeur général de la Semap qui souligne « la stabilité du modèle économique de Peyragudes », il s’agit d’une « continuité dans la sécurité » dans la mesure où les partenaires publics de référence sont toujours présents.